Climat : les émissions françaises de CO2 diminuent… mais de moins en moins en vite

En 2024, les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont diminué de 1,8 % par rapport à l’année précédente, hors puits de carbone (photo d’illustration).
Reuters

En 2024, les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont diminué de 1,8 % par rapport à l’année précédente, hors puits de carbone (photo d’illustration).
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Sur le front des émissions, la tendance en France est à la baisse. En 2024, les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont diminué de 1,8 % par rapport à l'année précédente (hors puits de carbone), d'après la dernière note du Citepa, association à but non lucratif. Si la France poursuit sa trajectoire de baisse d'émissions, elle fait néanmoins moins bien qu'entre 2022 et 2023 où les GES avaient diminué de 6,7 %.
« Après un plateau relatif dans les années 1990 jusqu'en 2005, une diminution irrégulière de 2006 à 2014, puis une période de lente ré-augmentation des émissions entre 2014 et 2017, les émissions de GES connaissent une dynamique de réduction plus marquée depuis 2018 », précise néanmoins le rapport.
Entre 2019 et 2023, les GES se sont élevés, en moyenne, à 406 millions de tonnes équivalent CO2 par an ( MtCO2e/an). Un score qui permet à la France de rester en dessous de près de 20 points du deuxième « budget carbone », un plafond national d'émissions de GES couvrant la période 2019-2023 respectant la deuxième Stratégie nationale bas carbone (SNBC 2). En revanche, pour espérer atteindre la neutralité carbone en 2050 et respecter le troisième budget carbone qui s'étend de 2024 à 2028, les efforts devront être plus conséquents. Alors que le rythme de réduction entre 2018 et 2023 était de 4,2 %, il devrait désormais être porté à 5 % par an pour respecter la feuille de route climat du pays (SNBC 3). Pour rappel, le nouvel objectif européen à l'horizon 2040 est de passer de 40 % à 55 % d'émissions par rapport à 2019, alors que la France vise, elle, 50 % de ses émissions brutes, c'est-à-dire hors puits de carbone, pour 2050.
Cet objectif écarte donc les émissions nettes qui, elles, prennent en compte les puits de carbone. En effet, en absorbant du CO2 dans la biomasse et les sols, les terres et la forêt jouent le rôle de puits de carbone naturels. Cependant, « estimé à environ -47 MtCO2 en moyenne entre 2000 et 2010, ce puits s'est réduit pour atteindre en moyenne -38 MtCO2 depuis 2010, notamment en raison de l'effet couplé de sécheresses à répétition depuis 2015, de maladies affectant le taux de mortalité des arbres, et d'une hausse des récoltes de bois », précise le Citepa.
Résultat, les émissions nettes se réduisent moins rapidement que les émissions brutes. Ainsi, pour 2019-2023, les émissions nettes de GES ont atteint 370 Mt CO2e/an, alors que le plafond national (le budget carbone pour 2019-2023) fixait la limite à 380 Mt CO2e/an, soit seulement 10 points en dessous. C'est moins que l'avance de 40 points sur les émissions brutes. Les secteurs polluants doivent également réduire davantage leurs émissions pour compenser cette perte.
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Et parmi les secteurs qui ont réussi le plus à réduire leur GES, celui de l'industrie de l'énergie remporte la première place du podium avec une baisse de 10,2 % par rapport à 2023. Un effet causé par le « redressement de la production nucléaire et d'une forte production hydraulique » en lieu et place notamment des centrales à gaz. Mais outre le changement du mix énergétique, c'est la consommation d'électricité en baisse qui participe à ce résultat.
De son côté, le secteur des bâtiments enregistre une diminution de 0,4 MtCO2e par rapport à l'année précédente. « Au global, sur l'année 2024, le secteur résidentiel/tertiaire atteint, avec 57,1 MtCO2e, le niveau d'émissions de GES le plus bas depuis 1990 », précise la note. Elle est en grande partie due à « la moindre consommation de combustibles fossiles pour le chauffage résidentiel et tertiaire ». Le changement du mode de chauffage, un hiver plus doux et des prix de l'énergie en hausse, expliquent cette baisse.
Les autres secteurs ont également enregistré des diminutions : l'aérien a vu en 2024 ses émissions baisser par rapport à 2023 (-4,3 %), ainsi que l'industrie (-1,4 %) et l'agriculture (-0,5 %).
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Le transport routier reste le plus mauvais élève, et reste le premier émetteur de GES en France, avec un tiers des émissions totales. Néanmoins, depuis 2015, ses émissions se réduisent. Entre 2023 et 2024, elles ont diminué de 1,2 %.