La commission scientifique EAT-Lancet, qui en 2019 avait déjà publié un rapport très influent sur l’alimentation saine et durable, dévoile aujourd’hui sa deuxième évaluation scientifique des systèmes alimentaires, encore plus vaste que la première. Elle confirme la nécessité, et les avantages sanitaires et environnementaux, d’une profonde transformation.Six ans après la publication de son premier rapport, qui avait marqué les débats en matière d’alimentation juste, saine et durable, la commission scientifique EAT-Lancet (lancée par la fondation EAT et la revue médicale The Lancet) persiste et signe. Le meilleur régime pour préserver la santé des populations mondiales est « principalement d’origine végétale, avec une inclusion modérée d’aliments d’origine animale et une consommation minimale de sucres ajoutés, de graisses saturées et de sel », écrit-elle dans son deuxième rapport publié vendredi.
Ce « régime de santé planétaire », très proche de celui déjà préconisé en 2019, pourrait même éviter jusqu’à 15 millions de décès prématurés par an, calcule cette fois la commission, qui réunit des scientifiques de plus de 35 pays. « Cela représente environ 27 % du total. Et cela ne concerne que les adultes. Il y a donc potentiellement des bénéfices supplémentaires pour les enfants », note Walter Willett, coprésident de la commission et professeur de médecine à la Harvard Medical School. Sans compter les effets indirects sur la santé découlant des améliorations de l’environnement engendrées par un tel régime, non prises en compte par le rapport, ajoute-t-il.
Limites planétaires et inégalités
Accompagné d’une réduction du gaspillage alimentaire, mais aussi d’une amélioration qualitative et quantitative de la productivité agricole, un tel régime « réduirait considérablement les pressions environnementales sur le climat, la biodiversité, l’eau et la pollution », note en effet le rapport. Elle « pourrait rapporter 5 000 milliards de dollars par an, grâce aux gains en santé publique, à la régénération des écosystèmes et à l’adaptation au changement climatique – un retour sur investissement décuplé par rapport aux 200 à 500 milliards de dollars 1 requis pour faire évoluer les systèmes alimentaires », estime également la commission EAT-Lancet.