Pollution : la nouvelle guerre de l’eau est déclarée
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L’arrosage d’un champ par un système d’irrigation à Divatte-sur-Loire, près de Nantes, avril 2026.
REUTERS - Stephane Mahe
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L’arrosage d’un champ par un système d’irrigation à Divatte-sur-Loire, près de Nantes, avril 2026.
REUTERS - Stephane Mahe
On se souvient des violents affrontements de 2023 autour des mégabassines de Sainte-Soline (Deux-Sèvres). Ils incarnaient l’émergence d’un conflit entre défenseurs de l’environnement et agriculteurs autour de l’utilisation de l’eau, dans une France autrefois épargnée par sa météo. Une nouvelle ligne de front entre ces deux camps se dessine depuis, en se superposant à la première : celle de la qualité de l’eau potable distribuée dans l’Hexagone. Un sujet qui inquiète de plus en plus ouvertement la société civile, irrite les agriculteurs et s’impose donc au législateur comme au gouvernement, pris entre des intérêts opposés.
Selon le Bilan de la qualité de l’eau au robinet du consommateur vis-à-vis des pesticides en France en 2024, publié par le ministère de la Santé en décembre 2025, « à l’échelle nationale, la proportion de personnes alimentées par une eau respectant en permanence les limites de qualité pour les pesticides ou les métabolites est en diminution depuis 2020 ». Entre 2020 et 2024, elle est passée de 94,1 % à 71,5 %, alors qu’à l’inverse la proportion de personnes alimentées par de l’eau ayant présenté des dépassements ponctuels a grimpé de 2,6 % à 12,9 %.
Depuis 1980, des 14 300 captages d’eau fermés, environ 2000 l’ont été à cause de pollutions aux pesticides ou aux nitrates, affirme France Nature Environnement (FNE), en citant le service des données et études statistiques (SDES) de l’État. Entre 20 et 60 millions d’euros sont dépensés chaque année pour ouvrir de nouveaux captages, dénonce l’ONG. « Le coût de la gestion des pollutions pourrait faire grimper la facture d’eau de 4 milliards d’euros par an », estime pour sa part Amorce, association de collectivités locales qui les accompagne en matière de transition écologique. Sans compter que le traitement n’est pas toujours possible, et qu’il implique des difficultés de stockage des déchets et des dépendances (de l’importation de charbon actif par exemple).