Eau : comment le gouvernement veut lutter contre la pollution agricole
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Agnès Pannier-Runacher veut doubler le nombre de points de captage sécurisés: 1.500 aujourd'hui.
LEONARDO FERNANDEZ VILORIA
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Agnès Pannier-Runacher veut doubler le nombre de points de captage sécurisés: 1.500 aujourd'hui.
LEONARDO FERNANDEZ VILORIA
C'est l'une des principales sources de pollution de l'eau potable : l'agriculture. Un phénomène contre lequel la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, entend bien luter. Elle présentait, pour cela, sa « feuille de route », ce vendredi lors d'un déplacement à Lens dans le Pas-de-Calais. Elle en avait déjà dévoilé les éléments en exclusivité le 23 mars dernier, à La Tribune du Dimanche.
« Aujourd'hui on sait que 53 % des eaux de surface et 39 % de celles souterraines contiennent des pesticides, et que 41 % des points de captages fermés, une centaine par an, le sont à cause de la pollution aux pesticides ou aux nitrates », souligne l'entourage d'Agnès Pannier-Runacher.
L'enjeu est donc de répondre à l'une des principales préoccupations des Français, ainsi que de réduire les coûts des traitements (20 % de la facture des Français) et de préserver la qualité de la ressource dans un contexte de raréfaction des quantités. Il s'agit aussi d'enfin appliquer le troisième pilier du « plan eau » présenté il y a deux ans par le Président de la République, et d'élaborer les Plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux (PGSSE), imposés avant 2027 par une directive européenne de 2020.
« Mon objectif est de protéger les captages les plus sensibles » et de « changer d'échelle », en doublant le nombre de ceux sécurisés (aujourd'hui 1 500), expliquait la ministre à La Tribune, dimanche dernier. Pour ce faire, dès le mois d'avril, les « groupes nationaux captages » - réunissant État, collectivités territoriales, monde agricole et agro-industriels au niveau des comités et des sous-comités de bassins - seront « réactivés », afin de lancer une concertation qui devrait durer jusqu'à l'été.
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Première mission de ces comités : élaborer une définition de ces « captages sensibles », tenant compte de l'ensemble des critères susceptibles d'entrer en jeu : seuil de dépassement des normes de qualité, niveaux quantitatifs, population desservie. Cette définition sera ensuite reprise dans un arrêté qui sera soumis à une consultation obligatoire en d'octobre. Le gouvernement espère en tirer une « cartographie » précise qui fait encore défaut, et pouvoir ensuite procéder de manière « chirurgicale », « parcelle par parcelle », selon la provenance des sources de pollution.
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