Offre trop abondante, mauvaise image et baisse de consommation : les prix des vins de Bordeaux se sont brutalement dévalués ces dernières années. La Tribune est allée rencontrer des producteurs et distributeurs girondins qui testent des mécanismes plus rémunérateurs pour les vignerons. Mais, à l’échelle de la filière, le sujet reste bloqué à Paris.
Christophe Sabourdy reçoit dans son modeste domaine de l’Entre-Deux-Mers. De premiers bourgeons pointent au bout des sarments en cette fin de mois de mars, mais le vert domine grâce aux féveroles qui ponctuent un rang de vignes sur deux. Ses trente hectares ont fière allure dans un terroir frappé de plein fouet par l’arrachage et l’abandon de vignes.
Le Domaine Sabourdy s’en sort mieux que la majorité, parce qu’il vend une partie de son raisin à la gamme « Soutenons nos Vignerons » des Grands Chais de France (GCF). Sur le BIB (bag-in-box ou cubi) posé à côté de lui, un message s’adresse directement au consommateur : «Ce vin garantit une juste rémunération à nos vignerons».
« Si je pouvais tout vendre à ce prix »
La juste rémunération en question s’élève à 1 400 euros le tonneau de 900 litres. Ce n’est pas mirobolant mais c’est supérieur au coût de production qui tourne autour des 1 200 euros. En grande surface, ce BIB de trois litres est étiqueté à 11,95 euros. Christophe Sabourdy se dit pleinement satisfait de cette collaboration : « Si je pouvais tout vendre à ce prix, ça m’irait très bien ! ».
Christophe Sabourdy est à la tête Domaine Sabourdy, dans l’Entre-Deux-Mers. (Crédits : JLL / La Tribune)
La gamme a été lancée en réponse à des manifestations de la Coordination Rurale. « Ils se sont appuyés sur un prix fixé par la Chambre d’agriculture. Les discussions avec Leclerc sont allées très vite, en janvier 2025 un accord était trouvé et les BIB ont été commercialisés en avril ». 300 000 unités ont été vendues en 2025 et, fort de ce succès, une déclinaison en bouteille verra le jour courant 2026.