La phase de candidature au plan national d'arrachage de vignes se termine ce mercredi, après avoir été rallongée. Un délai qui traduit la difficulté des domaines à arrêter le vin malgré la situation économique noire.
Cinq jours de plus. C'est la rallonge accordée par France Agrimer pour permettre à la viticulture de candidater au nouveau plan d'arrachage national. Le second en un peu plus d'un an. L'appel à manifestation d'intérêt se clôture aujourd'hui mercredi 11 mars. En jeu, un retrait des surfaces primé à hauteur de 4 000 euros par hectare pour une enveloppe globale de 130 millions d'euros débloquée par le ministère de l'Agriculture. Le potentiel s'élève à 32 500 hectares, soit 4 % de la surface française, avec une priorité mise sur l'arrachage intégral.
Car la situation se résume ainsi pour nombre des exploitants les plus en peine : continuer à sombrer ou arrêter pour de bon la casse. Face au décrochage durable de la consommation de vin, les prix restent orientés à la baisse. Les tarifs d'achat ne couvrent aujourd'hui plus les coûts de production dans certaines appellations de grande consommation, comme Bordeaux, le Languedoc ou les Côtes du Rhône.
La fatalité de la crise et l'absence de perspective encourageante poussent à tirer un trait sur la vigne. C'est le cas en Gironde de Sébastien Cheyrou. Installé en polyculture-élevage, l'homme âgé de 38 ans ne croit plus au raisin. Il a posé un dossier pour arracher l'intégralité de ses 20 hectares de vignes.
« Une décision si radicale n'a pas été facile à prendre », prévient-il. Ses terres sont juchées sur les coteaux de Monségur, dans l'Entre-Deux-Mers. Une région viticole entre Dordogne et Garonne qui produit essentiellement pour les vins d'entrée de gamme des appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Le plan local d'arrachage en 2024 puis la première vague du plan national l'année suivante ont lacéré le paysage.
Sébastien Cheyrou y est allé à tâtons, en sollicitant neuf hectares seulement lors du plan local. Et pour cause, en tant que quatrième génération à la tête de l'exploitation familiale, il ne souhaitait pas être le fossoyeur de la vigne. « C'est le travail de toute sa vie », décrit-il en parlant de son père.
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