En visite en Haute-Saône ce 3 février, le chef de l’État est sorti de sa réserve pour dessiner un nouveau cap au monde agricole. Il mise sur trois objectifs majeurs : la production, la protection du marché européen et la préservation de l'environnement. Cette intervention vise à apaiser les tensions avant l'ouverture du Salon de l’agriculture.Depuis l’inauguration houleuse du Salon de l’agriculture en 2024, le président de la République restait très prudent dans ses échanges directs avec le monde agricole. Il laissait au premier plan le ministère de l’Agriculture et Matignon. Lors d’une visite,ce mardi 3 février, d’une exploitation à Vesoul (Haute-Saône), il est retourné sur le terrain. Le chef de l'État a même ébauché une réponse à la demande récurrente de la coalition syndicale majoritaire (FNSEA et Jeunes agriculteurs) : celle de « dessiner un cap » pour l’agriculture dans les prochaines années.
« Se projeter sur l’avenir »
La nécessité de sortir d’une gestion à courte vue des crises successives, pour « arriver à se projeter sur l’avenir », notamment face aux défis des changements de consommation, du changement climatique et des bouleversements géopolitiques, avait déjà été mise en avant vendredi dernier par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Elle est également au centre des conférences de la souveraineté lancées en décembre par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard. Alors que, après plusieurs semaines de crainte de débordements, la colère agricole semble un peu s’apaiser, et que l’ouverture du premier Salon de l’agriculture sans bovins s’approche à grands pas, Emmanuel Macron commence à en ébaucher les contours.
Le président a ainsi expliqué miser désormais sur « trois grands objectifs » pour que l'agriculture française et européenne soit « souveraine » et ait « de l'avenir ». Deux d’entre eux répondent directement à la demande de la coalition syndicale majoritaire et de son challengeur, la Coordination rurale. La troisième semble viser à tempérer certaines de leurs demandes, et à rassurer le troisième syndicat, de gauche, la Confédération paysanne, ainsi que les défenseurs de l’environnement, inquiets d’un retour à un modèle agricole peu respectueux des limites planétaires.