Les ventes de vins français sur le marché américain se sont effondrées en 2025. Malgré un contexte particulièrement défavorable, des producteurs d’Occitanie, de retour d’une mission de prospection organisée par la Région Occitanie, tentent de s’adapter à la demande des importateurs, aujourd’hui en quête de prix attractifs.Ils continuent à y croire. Malgré un contexte peu favorable, une vingtaine de producteurs viticoles d'Occitanie, pour la plupart déjà présents aux Etats-Unis et au Canada, ont participé les 2, 3 et 4 mars derniers à New York, à une mission de prospection du marché nord-américain organisée par l’agence régionale de développement économique Ad’Occ.
« C’était loin d’être gagné, raconte Laurent Weinberg, chargé de mission international Zone Amériques chez Ad’Occ. Dans le contexte actuel, faire venir des importateurs relevait de la gageure. Finalement, une quarantaine d’entre eux se sont déplacés et une vingtaine de producteurs, soit moitié moins qu’habituellement pour ce genre de mission, étaient présents. »
Taxe Trump, taux de change défavorable, baisse de la consommation de vin... Le premier marché d’exportation des vins français est à la peine. En 2025, les exportations de vins français ont encaissé une chute de 21 % en valeur. En Languedoc-Roussillon, le recul est encore plus sévère : - 32 %.
« Les Etats-Unis, c’était un peu l’Eldorado pour nos vins, poursuit Laurent Weinberg. Les producteurs pouvaient exporter à des prix valorisés. Avec la taxe Trump (15 % à partir d’avril 2025, ramenée à 10 % depuis février 2026, NDLR) et la baisse du dollar, c’est une hausse d’environ 30 % qu’ont dû encaisser les importateurs américains de vins. Qui plus est, ils doivent payer les taxes à la réception de la marchandise, ce qui occasionne des tensions de trésorerie. Du coup, ils sont à la recherche de vins à des prix attractifs sur lesquels ils peuvent marger. Les vins du Languedoc-Roussillon sont plutôt bien placés pour répondre à cette demande. »
Des importateurs « plus précautionneux »
La coopérative Alma Cersius, basée dans le biterrois (Hérault), s’inscrit dans cette perspective : « Nous exportons 85 % de notre production, mais pour le moment très peu aux Etats-Unis. L’an dernier, nous avons décidé d’y investir en recrutant une VIE (volontariat international en entreprise, NDLR), Sarah Fouiden, basée sur place pour travailler ce marché en profondeur. Nous produisons essentiellement des vins de cépage, que nous sommes capables de vendre à moins de 3 euros la bouteille au départ cave. Notre offre colle parfaitement avec la demande actuelle des importateurs. Six d’entre eux ont déjà confirmé leur intérêt suite à la mission effectuée à New-York », témoigne Damien d’Ovido, directeur commercial de la coopérative.