La deeptech montpelliéraine Mycea, créée en 2018, explore certaines propriétés naturelles des champignons pour développer des solutions de biocontrôle en alternatives aux produits phytopharmaceutiques pour lutter contre les maladies et agresseurs de cultures, et des solutions de biostimulation des cultures.
La plus avancée des deux est aujourd'hui la biostimulation, qui consiste en une bioamplification de la biodiversité naturelle en champignons mycorhiziens, ces champignons qui entrent en symbiose avec les racines de plantes et les rendent plus efficaces pour aller chercher eau et minéraux dans le sol. Concernant le biocontrôle, les projets doivent « passer par les fourches caudines de la réglementation européenne sur les produits phytosanitaires, donc l'arrivée de nos solutions sur le marché ne se fera pas avant cinq ou six ans », expliquait cet été à La Tribune la directrice générale Dominique Barry-Etienne.
Mycea vient d’annoncer qu’elle allait désormais se concentrer exclusivement sur les solutions de biocontrôle et qu’elle transférait son activité « mycorhizes » à la spin-off Amoterra qu’elle vient de créer et qui va s’employer à déployer son service de régénération de la biodiversité des sols sous la direction de Camilo Gianinazzi, nouvellement nommé directeur général.
« Cette autonomie permet à Amoterra d'accélérer le développement du marché des champignons mycorhiziens avec l'agilité d'une start-up, tout en capitalisant sur l'expertise technique acquise chez Mycea, commente Camilo Gianinazzi. Nous nous concentrons désormais pleinement sur la réponse aux besoins spécifiques de l'agriculture - en arboriculture, viticulture, horticulture, maraîchage - mais aussi des collectivités pour les espaces verts, où il y a de gros besoins car les élus ont réalisé beaucoup d’îlots de fraîcheur mais les arbres et plantes poussent mal en raison de problèmes de sol ou d’irrigation. »