Fort d'une croissance robuste, le groupe Veolia résilient malgré la crise énergétique

Le bon résultat trimestriel de Veolia a été salué par les marchés : vers 12h30 ce matin, l'action du groupe prenait 1,71 %, à 36,28 euros
REUTERS - BENOIT TESSIER

Le bon résultat trimestriel de Veolia a été salué par les marchés : vers 12h30 ce matin, l'action du groupe prenait 1,71 %, à 36,28 euros
REUTERS - BENOIT TESSIER
Nouveaux risques géopolitiques, économie mondiale en berne, retour de l'inflation... tous ces facteurs ne semblent pas perturber le groupe français coté Veolia, spécialisé dans la gestion de l'eau et le recyclage de déchets. Dans une publication ce mercredi, le groupe annonce « une croissance solide » au premier trimestre.
Un résultat salué par les marchés : vers 13h23, l'action Veolia prenait 1,71 %, à 36,28 euros. Lorsqu'on remonte le temps, on remarque que son titre a progressé de plus de 18 % environ depuis le début de cette année. À la Bourse de Paris, l'indice CAC 40 a baissé sur la même période.
Dans le détail, Veolia a donc réalisé un chiffre d’affaires de 11,4 milliards d’euros, en progression organique de + 2,1 %, hors effet des prix de l’énergie. Le groupe privilégie ce chiffre car les prix de l'énergie, qu'il répercute à ses clients, n'affectent pas sa marge. Mais si on ajoute ce critère, la hausse du CA est de + 1 %, par rapport à la même période l'an dernier.
Indicateur clé pour les investisseurs, l'Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) progresse de + 5,1 %, à 1,766 milliard d'euros. Une trajectoire pour le moment conforme aux objectifs annuels de la firme. La marge d’Ebitda s'améliore à 15,5 %. Le « signe que la discipline opérationnelle porte ses fruits », selon eToro, une importante plateforme d'investissement et d'analyse des marchés.
« Notre modèle centré sur la sécurité écologique, qui répond à des besoins critiques de nos clients, besoins qui sont croissants et durables, est peu sensible au cycle économique ou à l’inflation », a expliqué ce mercredi matin Estelle Brachlianoff, directrice générale du groupe, lors d'une conférence téléphonique.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

« C’est ce qu’on avait déjà démontré au moment de la crise en Ukraine », alors que « les prix de l’énergie avaient monté de façon beaucoup plus brutale encore que ce qu’ils font là », a-t-elle aussi souligné.
Cette stratégie s'avère payante dans un contexte où la demande client est là. Veolia bénéficie ainsi d'une hausse globale des besoins de services sur le traitement de l’eau, la gestion des déchets dangereux, l'efficacité énergétique ou encore la dépollution industrielle.
Selon le communiqué des résultats du groupe, le chiffre d'affaires de son activité « Eau » a pris 2 % au premier trimestre, celui de sa division « Énergie » est en hausse de 4,1 %, une progression solide. Tandis que celui de sa division « Déchets dangereux » profite aussi d’une demande soutenue, à +1,7%.
Les investisseurs suivent aussi l'entreprise sur ses projets de développement. Annoncée à l'automne 2025, l'acquisition de la société américaine Clean Earth, spécialisée dans le traitement de déchets dangereux, pour environ 2,5 milliards d'euros, a été bien reçue par les marchés. Le « closing » de l'opération est prévu pour fin juin, selon la direction de l'entreprise.
Mais c'est sans compter l'accélération de Veolia sur cet autre segment porteur : le traitement de l'eau des centres de données et l'IA, des services de plus en plus demandés par le monde de la tech. C'est même, selon eToro, « l’un des points les plus stratégiques de cette publication » ce mercredi.
Ainsi, Veolia vise désormais plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel d’ici à 2030 sur cette activité. « Le Groupe entend s’appuyer sur ses technologies propriétaires et son expertise mondiale », précise Veolia dans son communiqué. Une confiance qui, pour le moment, lui est permise.