Dirigeables : Flying Whales obtient le sésame environnemental pour ses hangars géants

Projection de l'usine de Flying Whales à Laruscade, en Gironde
GAAMMA – Goudchaux Architecte & Associés et Mamou-Mani Ltd

Projection de l'usine de Flying Whales à Laruscade, en Gironde
GAAMMA – Goudchaux Architecte & Associés et Mamou-Mani Ltd
Après des années de travail, d'allers-retours avec les services de l'État et d'attente, Flying Whales vient de valider une nouvelle étape clé dans sa quête de dirigeables géants pour le transport de marchandises. La nouvelle est tombée du côté des préfectures de Gironde et de Charente-Maritime qui ont signé, ce 10 décembre, l'autorisation environnementale pour la création de la zone d’activités économiques (ZAE) de la filière dirigeables à Laruscade, une commune située aux confins de ces deux départements.
Derrière cette ZAE, c'est bien de la future usine de dirigeables de l'entreprise Flying Whales dont il est question. Sur 75 hectares, dont 60 hectares d'espaces naturels -l’équivalent de 85 terrains de football-, la communauté de communes Latitude Nord Gironde et la région Nouvelle-Aquitaine projettent d'aménager un aérodrome unique en son genre et deux gigantesques hangars. Les bâtiments de 240 mètres de long, sur 80 mètres de large et 70 mètres de haut, permettront d'assembler puis de tester les futurs dirigeables LCA60T imaginés par l'entreprise française.
Ces engins, eux-mêmes de 200 mètres de long sur 50 mètres de diamètre, s'envoleront grâce à 180 000 m2 d'hélium et des moteurs à hélices pour emporter jusqu'à 60 tonnes de charge utile. Les « futures baleines volantes », qui doivent s'envoler en 2028, auront vocation à transporter des pylônes à haute tension, des pales d'éoliennes, du bois, des structures pour l'industrie aéronautique et spatiale ou encore des marchandises vers des zones insulaires ou difficiles d'accès.
Après deux faux départs, pour raisons environnementales en 2023 puis, à nouveau, en 2024, le projet d'usine de dirigeables a finalement obtenu en mai dernier une dérogation aux règles relatives aux espèces protégées puis l'aval de la commission d'enquête publique au mois de septembre. Il ne restait qu'à formellement disposer de l'autorisation environnementale, ce qui est chose faite.
D'autant que la préfecture de Gironde a également pris par arrêté une déclaration d'utilité publique de cette ZAE, faisant valoir que l'implantation de cette usine aéronautique en Gironde est un « projet industriel structurant pour le territoire régional et national ». Et face aux nombreuses réserves exprimées sur le plan environnemental tout au long de l'instruction, l'Etat met en avant « des mesures importantes et exigeantes ».
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« Cette décision marque l’aboutissement de plus de quatre années de travail collectif » , réagit également Vincent Guibout. Le directeur général de Flying Whales salue une décision « qui reconnaît le projet comme d’intérêt général majeur pour ses retombées économiques, ses mesures environnementales jugées suffisantes et rigoureuses et son impact sur l’économie locale ».
Les travaux sur le terrain pourraient désormais démarrer début 2026 en vue d'une mise en service du site à l'horizon 2028. Il faudra pour cela sécuriser le financement de cette usine de 150 millions d'euros grâce au soutien des pouvoirs publics. En plus de 33 millions d'euros d'aides, la Région Nouvelle-Aquitaine, qui figure au capital de l'entreprise, apportera une garantie de 45 millions d'euros pour la construction de l'usine, tandis que l'État est censé en faire de même à hauteur de 105 millions d'euros.
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Parallèlement, Flying Whales tarde toujours à boucler sa levée de fonds de 150 millions d'euros qui doit lui permettre de financer cette phase de critique de développement. Annoncée pour l'été 2025 puis pour la fin d'année, elle est désormais évoquée pour début 2026.