L'enquête publique qui s'achève ce mardi 29 juillet à minuit porte, officiellement, sur la création d'une zone d'aménagement économique dédiée à la « filière dirigeables » à Laruscade, 45 kilomètres au nord de Bordeaux. Mais c'est bien de la création des gigantesques hangars à dirigeables de Flying Whales dont il s'agit en réalité. Dans cette zone de 75 hectares, dont 60 hectares d'espaces naturels -l'équivalent de 85 terrains de football-, la communauté de communes Latitude Nord Gironde et la région Nouvelle-Aquitaine projettent d'aménager un aérodrome unique en son genre et deux gigantesques hangars. Les bâtiments de 240 mètres de long sur 80 mètres de large et 70 de haut permettront d'assembler puis de tester les futurs dirigeables LCA60T imaginés par l'entreprise française.
Ces engins, eux-mêmes de 200 mètres de long sur 50 mètres de diamètre, s'envoleront grâce à 180 000 m2 d'hélium et des moteurs à hélices pour emporter jusqu'à 60 tonnes de charge utile. Les « futures baleines volantes », qui doivent s'envoler en 2028, auront vocation à transporter des pylônes à haute tension, des pales d'éoliennes, du bois, des structures pour l'industrie aéronautique et spatiale ou encore des marchandises vers des zones insulaires ou difficiles d'accès. « Parmi les 78 accords commerciaux déjà signés, les dix plus gros équivalents à 700 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel pendant dix ans », affirme Vincent Guibout, le directeur général de Flying Whales, qui vante un mode de transport permettant de réduire les émissions carbone d'au moins 60 % par rapport au transport routier et aux autres moyens aériens.
Au total, 60 dirigeables doivent être construits à Laruscade au rythme de deux par an au démarrage puis d'un engin par mois à terme. Ils seront ensuite acheminés sur leur base d'opération, chacune d'une quarantaine d'hectares, qui leur permettra d'opérer dans un rayon de 500 kilomètres. La France pourrait ainsi accueillir entre deux et trois bases.