Ormuz bloqué, frappes sur les pays du Golfe : Trump a ignoré les alertes du renseignement
latribune.fr

Les critiques se multiplient à Washington sur le conflit au Moyen-Orient et ses conséquences économiques.
REUTERS - Jonathan Ernst
latribune.fr

Les critiques se multiplient à Washington sur le conflit au Moyen-Orient et ses conséquences économiques.
REUTERS - Jonathan Ernst
Les représailles iraniennes dans le Golfe, qui ont pris de court Donald Trump selon ses propres déclarations, figuraient pourtant parmi les scénarios jugés plausibles par les services de renseignement américains avant le déclenchement de l’offensive contre Téhéran. Une contradiction qui alimente désormais les critiques sur l’évaluation des risques ayant précédé l’opération militaire conjointe avec Israël.
D’après plusieurs sources proches du renseignement américain contactés par Reuters, l’hypothèse d’une extension régionale du conflit n’avait rien d’improbable. Avant le lancement de la campagne, les analystes estimaient que des frappes iraniennes contre des alliés des États-Unis dans le Golfe « étaient placées haut dans la liste des conséquences potentielles ». Une alerte qui semble en décalage avec les propos tenus lundi par le président américain, affirmant avoir été surpris par la riposte de Téhéran visant notamment le Qatar, l’Arabie saoudite ou encore les Émirats arabes unis.
Lors d’une intervention à la Maison-Blanche, Donald Trump a assuré que les Iraniens « n’étaient pas censés s’en prendre à tous ces autres pays du Moyen-Orient » et que « personne ne s’y attendait. Nous avons été choqués ». Une déclaration qui contraste avec les éléments remontés en amont par les agences fédérales, et qui relance le débat sur la chaîne de décision au sein de l’exécutif américain.
Au cœur de cette séquence, l’opération militaire baptisée « Fureur épique », lancée le 28 février aux côtés d’Israël, reposait sur des justifications contestées. L’administration américaine a mis en avant la menace imminente d’un programme balistique iranien capable de frapper le territoire des États-Unis, ainsi que le développement accéléré d’une arme nucléaire en quelques semaines — des affirmations qui n’ont pas été confirmées par les services de renseignement eux-mêmes.
En parallèle, d’autres risques majeurs avaient été identifiés par les renseignements américains, notamment celui d’un blocage du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour près de 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Une telle perturbation constituerait un choc immédiat pour les marchés énergétiques, déjà fragilisés par les tensions géopolitiques. Un scénario qui se confirme depuis.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Les services de renseignement avaient également anticipé un autre scénario sensible : des représailles directes contre des installations militaires et diplomatiques américaines au Moyen-Orient. Pourtant, l’évacuation de personnels diplomatiques n’a été décidée qu’après les premières frappes iraniennes, révélant un possible décalage entre anticipation stratégique et préparation opérationnelle.
Sur le plan politique intérieur, les critiques se multiplient à Washington sur le conflit au Moyen-Orient. Des élus démocrates affirment n’avoir reçu « aucune preuve » d’une menace imminente justifiant une entrée en guerre. Les auditions menées au Congrès n’ont, selon eux, pas permis d’établir clairement le caractère urgent de l’intervention.
latribune.fr