"Les retours d'expérience des conflits sont systématiquement pris en compte par nos armées. Une fois cela dit, les besoins ukrainiens ne sont pas forcément les mêmes que ceux des armées françaises". (Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre...
Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants
Dans un entretien accordé à La Tribune, Alice Rufo la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, explique la stratégie du ministère en matière de drones et de spatial. Elle revient également sur la genèse de la coopération franco-allemande dans le domaine de l'armement, qui semble aujourd'hui patiner.
On se perd un peu dans la stratégie en matière de drones militaires avec des programmes dont l’ambition est réduite (Patroller, Eurodrone) et d’autres qui n’ont pas encore fait leur preuve dans le New Defence. Quelle est la vision du ministère des Armées ?
Nous avons une vision très claire, qui s’appuie notamment sur le retour d'expérience des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. Dans la Loi de programmation militaire (LPM), qui couvre la période 2024-2030, nous investissons 5 milliards d’euros sur les drones au profit de l'ensemble des milieux (aérien, naval, terrestre). Si le budget est voté, l’effort supplémentaire de 6,7 milliards d’euros pour les Armées va nous permettre de lancer une massification des capacités de drones dans les unités…
… Avez-vous des objectifs précis ?
Chaque groupe de combat ou plateforme aura au moins un drone. La « surmarche » de 2026 finance également des munitions navales télé-opérées de surface et sous-marines, dont les planeurs sous-marins. Il y a également des drones tactiques légers avec l'objectif d’en livrer 40 aux armées avant 2030. Enfin, nous allons chercher à obtenir le meilleur compromis (entre coûts, délais et efficacité) sur les drones MALE. Mais très clairement, nous souhaitons favoriser les petites entreprises françaises. Nous sommes en train de remonter toute une filière.
Dans cette trame drone, le ministère des Armées n’a-t-il plus besoin des drones Patroller et Eurodrone ?
Comme l’a dit la ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, l’Euromale est en décalage avec ce que le marché des drones Male peut offrir. Les crédits sont prévus pour 2026. La décision n’est pas encore prise, mais une réflexion est en cours à ce sujet.
Comment faites-vous pour transposer le retour d’expérience provenant de la guerre en Ukraine vers les forces armées françaises, qui ne sont pas en guerre, mais aussi vers la base industrielle et technologique de défense (BITD) ?
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