Le climat des affaires au plus haut depuis la dissolution, porté par l'industrie
latribune.fr
Boosté par l'industrie et le commerce de détail, le moral des décideurs retrouve des couleurs. Mais ce regain d'optimisme peut-il tenir sans une amélioration du marché de l'emploi ?
L'indicateur du climat des affaires en France progresse pour le troisième mois consécutif, porté par un rebond marqué dans l’industrie manufacturière et le commerce de détail. Si le bâtiment amorce un redressement, les services stagnent et le climat de l'emploi marque un repli inattendu en fin d'année.
Le climat des affaires en France boucle l’année sur une note positive. En décembre 2025, l’indicateur gagne un point pour le troisième mois consécutif et atteint 99. Cette dynamique, portée par un rebond spectaculaire dans le commerce et l'industrie, ramène la confiance des chefs d'entreprise à son plus haut niveau depuis juin 2024, date de la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par Emmanuel Macron.
Le moteur de cette accélération se situe dans les secteurs marchands clés. Le climat des affaires dans l'industrie manufacturière bondit de quatre points pour s'établir à 102, repassant ainsi au-dessus de sa moyenne de longue période (100). Cette performance inattendue, alors que les analystes tablaient sur une stagnation à 98 points, est dopée par le secteur des matériels de transport dont l’indice spécifique s’envole de 15 points. Les industriels signalent notamment une forte augmentation de la production passée et un redressement des carnets de commandes, particulièrement à l'exportation.
Parallèlement, le commerce de détail affiche une belle santé insolente. L’indicateur synthétique du secteur gagne sept points en un mois pour atteindre 104. C’est son niveau le plus élevé depuis janvier 2024. Ce regain d'optimisme repose sur une hausse massive des intentions de commandes, un indicateur qui n'avait pas été observé à un tel niveau depuis février 2022.
Le bâtiment sort de l'ornière, les services font du surplace
Dans le secteur de la construction, la tendance est plus timide mais reste orientée à la hausse. Le climat des affaires gagne un point pour s'établir à 96. Si l’activité reste sous sa moyenne historique de 100, l'opinion des entrepreneurs sur leur activité future s'améliore nettement, portée par l'entretien-amélioration et le non-résidentiel. À l'inverse, la construction de logements neufs continue de s'enfoncer, s'éloignant davantage de sa moyenne.
Climat des affaires, publié le 18 décembre 2025. (Crédits : Insee)
Le secteur des services, poids lourd de l'économie française, reste quant à lui figé. L'indicateur se maintient à 98 pour le deuxième mois consécutif, demeurant légèrement sous sa moyenne de long terme. Si l'opinion sur l'activité passée et prévue est stable, les chefs d'entreprise notent une légère dégradation de la demande prévue.
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Un bémol persistant sur le front de l'emploi
Derrière l'optimisme des carnets de commandes, le tableau social reste contrasté. Contrairement au climat général, l'indicateur du climat de l'emploi se replie en décembre. Dans le commerce de détail, les soldes d'opinion sur les effectifs passés et prévus demeurent très en deçà de leur moyenne. Dans les services, le solde sur l'évolution future des effectifs s'inscrit également en baisse, passant sous son niveau moyen.
L'incertitude économique ressentie par les décideurs demeure un facteur de vigilance. Si elle reflue dans le bâtiment pour retrouver sa moyenne, elle augmente dans l'industrie après trois mois de stabilité. Dans l'ensemble du commerce, elle reste quasi stable, juste sous sa moyenne de longue période.