Royaume-Uni : le marché du travail s'affaiblit à deux semaines du budget
latribune.fr
La progression du chômage est un nouveau coup dur pour le gouvernement travailliste du Premier ministre Keir Starmer, au plus bas dans les sondages et contesté jusque dans son camp.
Le taux de chômage au Royaume-Uni a progressé plus que prévu au troisième trimestre, relève ce mardi l'Office national des statistiques (ONS), tandis que la croissance des salaires a continué de ralentir.
L'activité économique ralentit au Royaume-Uni, à deux semaines de la présentation d'un budget très attendu. Le taux de chômage au Royaume-Uni a progressé plus que prévu au troisième trimestre, se hissant à 5% pour la première fois depuis début 2021, selon l'Office national des statistiques (ONS) ce mardi. Il progresse régulièrement depuis le début de l'année et était déjà monté à 4,7% à la fin du deuxième trimestre.
La croissance des salaires a pour sa part continué de ralentir dans le secteur privé, relève mardi l'Office national des statistiques (ONS). Les derniers chiffres officiels de la croissance, publiés mi-octobre, faisaient état d'une modeste hausse de 0,1% du PIB en août.
« Pris dans leur ensemble, ces chiffres témoignent d'un affaiblissement du marché du travail », avec un « nombre de salariés en baisse » et « un taux de chômage à un niveau record depuis le début de la pandémie », résume Liz McKeown, directrice des statistiques économiques de l'ONS. Ils interviennent alors que la ministre des Finances Rachel Reeves, qui doit dévoiler son budget le 26 novembre, est sous pression pour équilibrer les comptes publics sans étouffer une économie à la peine. Après de fortes hausses d'impôts cette année déjà, notamment sur les entreprises, de nouvelles augmentations de taxes sont largement attendues.
La progression du chômage est donc un nouveau coup dur pour le gouvernement travailliste du Premier ministre Keir Starmer, au plus bas dans les sondages et contesté jusque dans son camp, alors que le parti d'extrême droite Reform UK caracole en tête des intentions de vote.
Une baisse des taux probable en décembre
« Avec les spéculations autour du budget à leur paroxysme, les entreprises ont reporté leurs recrutements et sont moins enclines à s'engager dans toute forme d'investissement jusqu'à ce qu'elles sachent » où le gouvernement va, selon Isaac Stell, gestionnaire de placements chez Wealth Club. « Les enjeux n'ont jamais été aussi élevés pour le gouvernement et avec des hausses d'impôts supplémentaires garanties dans le budget, le paysage fiscal pour les employeurs et les employés semble être de plus en plus instable », poursuit l'analyste.
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Les analystes soulignent toutefois que ces données économiques moroses augmentent les chances que la Banque d'Angleterre abaisse son taux d'intérêt lors de sa prochaine réunion de politique monétaire en décembre, ce qui pourrait paradoxalement relâcher un peu la pression.