Cette année, la guerre commerciale de Trump, puis la paralysie budgétaire aux États-Unis et les risques géopolitiques ont propulsé les cours de l’or, la valeur refuge par excellence.
/FW1FP/Alex Smith - REUTERS - REUTERS/Hiba Kola - Hiba Kola
L’or a battu tous les records cette année avec les tensions géopolitiques et la guerre commerciale de Donald Trump. De nombreuses banques centrales dans le monde ont ainsi accru leurs réserves du précieux métal jaune.
Le cours de l’or s’envole vers des sommets inédits. Ce lundi, l’once a franchi la barre des 4 383,76 dollars. Une poussée de fièvre alimentée par un pari : celui de nouvelles baisses de taux de la Fed — la Réserve fédérale américaine — dès l’an prochain.
Le précédent record, établi en octobre à 4 381,52 dollars, semble déjà loin. Depuis le début de l'année, le métal jaune affiche une progression insolente de 67 %. Entre la guerre commerciale menée par Donald Trump, la paralysie budgétaire à Washington et des tensions géopolitiques chroniques, les astres se sont alignés pour les cours. Résultat : un dollar qui vacille et une ruée vers la valeur refuge par excellence.
Dans ce contexte, outre les investisseurs, les banques centrales de nombreux pays ont également accru leur réserve en métal jaune, note BestBrokers. « Les analystes prévoient une hausse continue des cours de l’or jusqu’en 2026 », argue la plateforme de classement des courtiers, et « une enquête menée en 2025 par le World Gold Council révèle que 95 % d’entre elles prévoient d’accroître leurs réserves d’or au cours de l’année à venir ».
Parmi les banques centrales qui ont acheté le plus d’or, la Pologne arrive en tête cette année. Le pays a acheté (en net) 82,67 tonnes d’or, soit 7,6 % de moins qu’en 2024, relèvent les analystes de BestBrokers qui se basent sur les données du World Gold Council (WGC) qui vont de janvier à novembre. En cause : le risque géopolitique pesant sur la Pologne face au conflit entre la Russie et l’Ukraine. Rien qu’en octobre, le pays a acheté 15,6 tonnes, précise la note. Au total, la Pologne est le 12e pays à détenir officiellement le plus d’or.
Derrière la Pologne, arrive le Kazakhstan, suivi du Brésil et de la Turquie. « Le Kazakhstan et la Turquie maintiennent leurs tendances à l’accumulation, soulignant une évolution régionale plus large vers la sécurité des actifs tangibles », souligne la note. De son côté, le Brésil, qui a acheté plus de 15 tonnes de métal jaune en septembre et octobre, continue sa stratégie de moins dépendre du dollar, comme la majorité des Brics.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Enfin, la Chine arrive en 5e position, avec plus de 24 tonnes acquises cette année. Elle est le sixième pays avec les réserves d’or les plus importantes.
À l’inverse, d’autres pays ont réduit leurs réserves d’or « probablement en réponse à des pressions économiques, à des restructurations financières ou pour garantir la liquidité sur des marchés volatils », analyse la plateforme. Ainsi, Singapour a réduit le plus ses réserves, en cédant au total plus de 15 tonnes. Il n’empêche que le pays est connu pour être très attractif concernant le stockage d’o. En particulier pour les investisseurs qui veulent stocker leurs métaux précieux en dehors de la juridiction de leur pays d’origine.
En deuxième position, l’Ouzbékistan a vendu plus de 11 tonnes, faisant du pays le plus important vendeur net d’or. La Russie s’est également beaucoup séparée de ses réserves à hauteur de plus de six tonnes. Le pays reste le cinquième plus grand détenteur du précieux métal.