Les dépenses sociales continuent d’exploser partout en Europe, avec la France en tête du classement, tandis que le Danemark nage à contre-courant.Les pays européens se heurtent désormais au vieillissement de leur population, un phénomène qui pèse invariablement sur les dépenses publiques. Selon une étude publiée mercredi 3 décembre par la Drees, le service statistique du ministère de la Santé, les prestations sociales versées dans l’ensemble des pays de l’Union européenne sont passées de 2 700 milliards d’euros en 2007 à près de 4 600 milliards en 2023.
La France reste en tête des dépenses de prestations sociales, qui atteignent 31,7 % du PIB en 2023. Selon la Drees, l’Hexagone figure parmi les rares pays européens « où ces dépenses ont continué de croître alors qu’elles étaient déjà élevées en 2007 », citant l’exemple du Danemark, qui occupait la même position à l’époque mais a su inverser la tendance. La France, elle, reste prisonnière de cette trajectoire, principalement sous le poids des pensions de retraite.
Les retraites alourdissent les dépenses sociales
Les dépenses de prestations sociales affichent des disparités marquées selon où l’on se trouve en Europe : elles restent plus importantes dans les pays du nord et de l’ouest, plus modestes à l’est, tandis qu'au sud chaque pays présente une situation différente. Mais un dénominateur européen commun existe, le versement des pensions de retraite qui constitue le « premier déterminant de l’évolution des dépenses sociales en Europe » de 2007 à 2023, selon la Drees.
En France, les dépenses de prestations sociales ont augmenté de 2,8 points de PIB sur la période, un rythme similaire à celui de l’Allemagne (+ 2,7 points) et légèrement supérieur à la moyenne européenne (+ 2,3). En 2023, l’Hexagone se classe ainsi en tête en Europe pour la part des dépenses sociales dans le PIB, une position qu’il devrait néanmoins laisser à la Finlande en 2024.