En consacrant une enveloppe globale de plus de 1,3 milliard d’euros au développement du logement étudiant, du commerce dans les quartiers prioritaires et à la requalification de friches pour mise à disposition de l’industrie, la filiale de la Caisse des dépôts veut lever les verrous dans les territoires.L'adaptation des bâtiments au réchauffement climatique - sujet qui a occupé l'actualité nationale ces derniers jours divisant sur les solutions urgentes à déployer - est évidemment « majeure » reconnaît Antoine Saintoyant. C'est même l'un des axes stratégiques de la Banque des Territoires qu'il dirige depuis moins d'un mois et qui a décidé de consacrer 8 milliards d'euros à la transition écologique en 2025.
« C'est un sujet que nous accompagnons depuis plusieurs années, notamment auprès des organismes de logement sociaux pour éviter les fournaises l'été. Le recours aux prêts que nous accordons a fortement augmenté en 2024. Les rénovations sont en cours. D'ici à deux ans, nous aurons franchi des niveaux d'adaptation dans le parc social qui seront l'un des meilleurs », défend le successeur d'Olivier Sichel à la tête de la filiale de la CDC, rappelant le milliard d'euros consacré à l'accompagnement des collectivités locales sur ce point, dont 100 millions d'euros fléchés vers l'identification des bâtiments à adapter en priorité.
Et si le débat ces derniers jours a porté sur le recours ou pas à la climatisation, Antoine Saintoyant de plaider pour les réseaux de chaud et de froid, « de meilleures solutions, sans impact de rejet de CO2 ».
Logement étudiant : une crise qui peut durer dix ans
La crise du logement n'épargne pas, par ailleurs, le segment du logement étudiant, doté de 380 000 places disponibles quand 3 millions de jeunes sont susceptibles d'être concernés. Le programme AGiLE annoncé lors du Printemps des Territoires, consacre 5 milliards d'euros au sujet. Avec à l'horizon 2030, 75 000 places nouvelles ou réhabilités. « La demande de logement étudiant est une demande importante et c'est une demande qui va le rester pour au moins une dizaine d'années, prédit Antoine Saintoyant, il faut trouver des solutions ». Concrètement, des foncières vont ainsi être créées avec des partenaires privés, l'objectif étant de développer une offre de logements libres sur le marché. « Nous allons également nouer des partenariats avec les universités. Celles-ci possèdent souvent de grandes surfaces foncières qui vont être mise à contribution pour construire des logements aux loyers abordables. Et puis, les bailleurs sociaux sont aussi une partie de la solution. Avec l'Union sociale pour l'Habitat nous allons multiplier les offres que nous déployons avec CDC Habitat », précise Antoine Saintoyant.