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Économie

72 % des micro-entreprises disparaissent en moins de cinq ans

LT (avec AFP)

Publié le 16 juillet 2026 à 07:10

La pérennité des micro-entreprises demeure faible : seules 28% des structures créées en 2018 existaient encore fin 2023.

La pérennité des micro-entreprises demeure faible : seules 28% des structures créées en 2018 existaient encore fin 2023.

PHOTO12 / GILLES TARGAT / PHOTO12 VIA AFP

Le Quotidien Numérique

16 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Si le statut de micro-entrepreneur continue d'attirer massivement, il débouche rarement sur une activité durable ou suffisamment rémunératrice, montre une étude publiée par l'Insee.

Le régime de la micro-entreprise ne se dément pas. Plébiscité pour sa simplicité administrative, il continue d’attirer un nombre croissant de Français. Mais derrière ce succès se cache une réalité économique plus contrastée : moins d’un créateur sur trois est encore en activité cinq ans après son immatriculation et les revenus générés restent modestes, selon une étude publiée par l’Insee.

Le nombre de créations sous le régime du micro-entrepreneur a quasiment doublé en sept ans. Alors qu’environ 400.000 personnes s’étaient immatriculées en 2018, elles sont près de 759.000 en 2025. Une dynamique qui confirme l’attractivité d’un statut devenu une porte d’entrée privilégiée vers l’entrepreneuriat, que ce soit pour compléter un salaire, rebondir après une période de chômage ou tester une activité.

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L’Insee distingue six grandes catégories de micro-entrepreneurs. Les plus nombreux sont les salariés en activité de complément, qui représentent 27 % des immatriculations. Ils devancent de peu les chômeurs (26 %), suivis des étudiants (18 %). Viennent ensuite les créateurs hors du marché de l’emploi, essentiellement des retraités ou des personnes auparavant sans activité professionnelle (13 %), les créateurs de la construction, souvent d’anciens salariés du secteur (9 %), et enfin les entrepreneurs expérimentés, ayant déjà créé ou repris une entreprise (7 %). Tous ne connaissent cependant pas le même destin.

Une entreprise sur quatre seulement survit cinq ans

La pérennité des micro-entreprises demeure faible. Au total, 28 % des structures créées en 2018 existaient encore fin 2023. Les meilleurs taux de survie sont observés chez les créateurs de la construction, dont 37 % poursuivent leur activité cinq ans après leur lancement. Ils devancent les entrepreneurs expérimentés (35 %) et les chômeurs (34 %). Les créateurs hors du marché de l’emploi affichent un taux de 31 %, tandis que les salariés utilisant la micro-entreprise comme activité complémentaire tombent à 24 %. Les étudiants ferment la marche avec seulement 13 % de survie à cinq ans.

Pour l’Insee, cette hiérarchie n’est pas un hasard. « Les quatre profils les plus pérennes sont ceux principalement mus par le désir d’assurer son propre emploi », contrairement à ceux « ayant une activité par ailleurs ».

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Des revenus souvent modestes

Même lorsqu’elles perdurent, les micro-entreprises génèrent des revenus limités. Pour les structures créées en 2018 et toujours actives fin 2023, le chiffre d’affaires annuel moyen atteint 19.600 euros. Les créateurs de la construction affichent les meilleures performances avec un chiffre d’affaires moyen de 27.600 euros par an, contre seulement 15.200 euros pour les créateurs hors du marché de l’emploi.

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Mais le chiffre d’affaires ne reflète pas le revenu effectivement perçu. Une fois les cotisations sociales et les charges déduites, le revenu réel représente en moyenne seulement 53 % des recettes encaissées. L’étude souligne toutefois une progression notable de l’activité. Entre 2019 et 2023, le chiffre d’affaires moyen des micro-entrepreneurs encore actifs a augmenté de 27 %, malgré la crise sanitaire, soit une hausse supérieure à l’inflation sur la période, estimée à 13 %. Un complément de revenu plus qu’une activité principale

Le régime reste enfin largement utilisé comme une source de revenus complémentaires plutôt que comme une activité exclusive. En 2023, 29 % des créateurs cumulent encore leur activité indépendante avec un autre emploi rémunéré, une proportion quasiment inchangée par rapport à 2018 (28 %). Ces résultats illustrent le paradoxe de la micro-entreprise. Le statut séduit toujours davantage de Français par sa flexibilité et sa simplicité, mais il demeure, dans la majorité des cas, un tremplin ou un revenu d’appoint plutôt qu’un véritable modèle entrepreneurial capable de garantir des revenus élevés et une activité durable.

LT (avec AFP)

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