ENTRETIEN EXCLUSIF. Le patron de l’APEC (association pour l’emploi des cadres) Gilles Gateau prévoit un repli des embauches de cadres plus important que prévu en 2025. En cause, les incertitudes persistantes sur le plan politique et budgétaire. Les jeunes pourraient être frappés de plein fouet par cette conjoncture moroseLA TRIBUNE- Quelles sont les perspectives d’embauches des cadres pour la fin de l'année 2025 ?
GILLES GATEAU-Les perspectives d’embauches sont en recul. Le ralentissement enregistré il y a un an se prolonge. Les intentions d’embauches de cadres sont au plus bas depuis 2020 dans les grandes entreprises comme dans les PME. Ces niveaux sont comparables aux années d’avant Covid. La page du rebond post-Covid est vraiment dernière nous. Il y a un an, 50 % des grandes entreprises avaient l’intention de recruter au moins un cadre au dernier trimestre, cette année c’est 43 %. Cela se traduit par moins d’opportunités d’embauches et moins de mobilités pour les cadres confirmés. Quant aux jeunes, ils sont en première ligne lorsqu’il y a un ralentissement des embauches.
À quoi faut-il s’attendre sur l’ensemble de l'année 2025 ?
L’Apec avait prévu une diminution des embauches de cadres en 2025 après une baisse déjà en 2024. Quand on regarde trimestre après trimestre, la baisse pourrait être plus importante que celle prévue en début d’année (-6 %). Depuis l’été, les incertitudes se multiplient sur le plan politique et budgétaire. Côté géopolitique, les incertitudes sont encore bien présentes.
« Il n’y a pas de destructions d’emplois cadres »
Comment expliquez-vous cette dégradation des projets d’embauches ?
La conjoncture et le climat de confiance se sont beaucoup dégradés. Mais malgré ce contexte plus morose, la dynamique de l’emploi cadre reste structurellement positive. Il n’y a pas de destructions d’emplois cadres. La dynamique des créations de postes devrait être de +1,5 % cette année. La dernière fois que l’économie française a détruit des emplois cadres remonte à 1991. Les entreprises ont toujours besoin de compétences hautement qualifiées, de cadres et d’ingénieurs.