Alors que le budget 2026, en cours de discussions au sein de l'hémicycle, prévoit de nouvelles mesures d'économies pour les collectivités, le Département de la Loire tire la sonnette d'alarme : pressurisé par l'explosion des dépenses sociales, il s'apprête à adresser une pétition au président de la République.À l'aube des Assises 2026 des Départements, qui se tient cette semaine du 12 au 14 novembre dans le Tarn (Occitanie), le climat s'annonce particulièrement tendu.
Pour la seconde année consécutive, les collectivités sont dans le viseur de l'État pour contribuer à réaliser un large plan d'économies destiné à réduire le déficit public de la France et à la placer sous la barre des 4,7% du PIB en 2026.
Le président de Départements de France, qui rassemble les 110 collectivités de l'Hexagone, n'y allait déjà pas par quatre chemins il y a quelques semaines lors d'un point sur les finances départementales : « Vous avez devant vous un président des Départements de France en colère et j'adresse une mise en garde au gouvernement et au Parlement (...) L’État nous demande de participer au redressement des finances publiques sur des dépenses qu’il nous impose », estimait François Sauvadet, pointant l'augmentation des dépenses sociales, qui ont grimpé de 50 à 70% en l'espace d'une décennie.
Dans la Loire aussi, cette nouvelle salve a décidément bien du mal à passer : le président LR du Département, Georges Ziegler, vient d'annoncer l'envoi d'une pétition directement adressée au Président de la République pour « dénoncer la situation intenable dans laquelle se trouvent les Départements français ».
« Nous faisons face aujourd'hui à une dégradation de la situation financière des départements, avec 74% de nos charges qui se trouvent désormais dans le domaine social : il ne nous reste plus rien pour accompagner ensuite les routes, les collèges, etc. », dénonce Georges Ziegler.
Un contexte économique compliqué, qui est également plombé par la chute des DMTO (droits de mutation à titre onéreux) qui représentaient le dernier levier fiscal des départements. « Ces DMTO, qui étaient à 124 millions d'euros en début de mandat, n'ont représenté en 2024 que 86 millions d'euros, sur un budget total de 946 millions d'euros l'an dernier, alors que d'un autre côté, tout augmente : le RSA, l'aide aux personnes âgées et handicapées, l'aide aux mineurs non-accompagnés... »