68 500 : record historique des défaillances d'entreprises en France sur un an
latribune.fr
68 500 : il s'agit du record historique des défaillances d'entreprises attendues en France sur l'année 2025, soit une hausse de + 3,4 % par rapport à 2024 qui comptait déjà 66 240 cas.
C'est le chiffre qui fait trembler la sphère économique en ce début d'année 2026. Selon Allianz Trade, la France a enregistré un niveau de défaillances jamais atteint auparavant, marquant la fin définitive de l'anesthésie économique du « quoi qu'il en coûte ».
Le chiffre. Avec 68 500 défaillances attendues pour l'exercice 2025, l'économie française franchit un seuil historique. Ce volume représente une progression de + 3,4 % par rapport à une année 2024 qui affichait déjà un bilan lourd de 66 240 cas.
Plus inquiétant encore, si l'on compare ces données à la période précédant la crise sanitaire, l'explosion est de l'ordre de + 23 %. Ce chiffre n'est pas qu'une statistique isolée ; il symbolise la quatrième année consécutive de hausse, confirmant une tendance de fond où le rattrapage post-Covid s'est transformé en une crise de solvabilité durable.
Une onde de choc qui n'épargne plus personne. Si les défaillances touchent l'ensemble du tissu économique, certains secteurs se trouvent aujourd'hui en état d'urgence absolue.
Le rapport souligne des pics de vulnérabilité alarmants :
— Le transport et l'entreposage subissent de plein fouet la crise avec un taux de défaillance supérieur de 61 % à la moyenne des années 2010-2019.
— Le secteur de l'information et de la communication affiche une hausse de 42 %.
— Le commerce automobile voit ses défaillances bondir de 40 %.
— L'hôtellerie-restauration, pourtant résiliente, subit une augmentation de 34 %.
Nouveauté de ce cycle : les « gros poissons » ne sont plus protégés. Les défaillances de grandes entreprises concernent désormais plus de 33 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit une augmentation de 40 % par rapport à la moyenne historique enregistrée entre 2006 et 2024.
Comment l'expliquer ? Pour Maxime Lemerle, responsable des recherches défaillances chez Allianz Trade, cette situation est le résultat d'une conjonction de facteurs défavorables. Les entreprises se débattent dans un environnement où la croissance est devenue molle et où les conditions de financement se sont sévèrement dégradées.
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L'instabilité politique et fiscale persistante en France crée un climat d'incertitude qui paralyse les investissements, tandis que la hausse globale des coûts opérationnels et l'intensification de la concurrence étrangère étranglent les marges et la trésorerie. Au niveau international, les tensions géopolitiques, les guerres commerciales et la désorganisation des chaînes d'approvisionnement ajoutent une pression supplémentaire sur des structures déjà fragilisées.
Et en 2026 ? Les perspectives pour l'année qui s'ouvre ne laissent entrevoir qu'une accalmie très relative. Allianz Trade anticipe une légère baisse de -2,5 % des défaillances pour 2026. Cependant, cette décrue porterait le total à 66 700 cas, maintenant ainsi le pays sur un « plateau haut » très éloigné des normes d'avant-crise.
La fragmentation des marchés et la persistance de l'instabilité suggèrent que le risque d'impayés restera durablement élevé. Les données définitives pour l'année 2025, attendues fin janvier 2026, viendront confirmer si ce record historique de 68 500 cas marque le pic de la crise ou seulement une étape supplémentaire dans une restructuration brutale du paysage entrepreneurial français.