Budget 2026 : le Medef met en garde contre toute hausse d’impôts
latribune.fr
Le président du Medef Patrick Martin souligne " la nécessité de soutenir l'apprentissage, formidable réussite collective au bénéfice de l'ascenseur social et de l'économie de la compétence".
Le président du Medef, Patrick Martin, a exprimé vendredi ses inquiétudes face aux « éventuelles contreparties fiscales » aux nouvelles dépenses annoncées par le Premier ministre Sébastien Lecornu, à la veille de l’adoption attendue du budget.
Alors que le gouvernement cherche à sécuriser l’adoption du budget 2025, le patronat hausse le ton et fixe ses lignes rouges.
« Nous sommes inquiets des éventuelles contreparties fiscales aux nouvelles dépenses annoncées : ces contreparties devront être exclusivement gagées par des économies structurelles dans la sphère publique », a déclaré Patrick Martin, président du Medef, dans un communiqué transmis à l’AFP.
Le dirigeant patronal estime toutefois que « l’on perçoit que le Premier ministre se rapproche d’un accord », y voyant « une bonne nouvelle, parce qu’il faut un budget à la France ». Il juge également indispensable de « ramener le déficit à 5 % maximum » du produit intérieur brut.
Dans sa nouvelle version, le budget devrait être adopté la semaine prochaine sans vote, via l’article 49.3 de la Constitution, ou par ordonnances. Le Medef salue par ailleurs la décision du chef du gouvernement « de ne pas toucher aux allégements de charges », une mesure qui aurait été selon lui « préjudiciable à l’emploi et aux salaires ». L’organisation patronale accueille également favorablement les annonces en faveur du logement, qualifié d’« urgence sociale majeure, particulièrement pour les jeunes », et de « bouffée d’oxygène nécessaire pour une filière de la construction en grande difficulté ».
Point sensible : l’avenir de la surtaxe d’impôt sur les sociétés visant les plus grandes entreprises
Reste une zone d’ombre : le financement des mesures annoncées. La version du budget issue du Sénat, en décembre, conduisait à un déficit public estimé à 5,3 % du PIB, loin de l’objectif de 5 % réaffirmé par l’exécutif. Le Premier ministre n’a pas détaillé les leviers envisagés pour combler cet écart, notamment sur la lutte contre la « suroptimisation fiscale » des plus hauts revenus.
Autre point sensible : l’avenir de la surtaxe d’impôt sur les sociétés visant les plus grandes entreprises, inscrite à hauteur de 8 milliards d’euros dans le budget 2 025. « Nous réaffirmons notre opposition » à cette surtaxe, jugée « toxique pour l’investissement et l’attractivité de la France », ainsi qu’à « la taxation des patrimoines productifs », insiste Patrick Martin.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Le président du Medef appelle enfin au respect des engagements de l’État sur la baisse de la CVAE et souligne « la nécessité de soutenir l’apprentissage, formidable réussite collective au bénéfice de l’ascenseur social et de l’économie de la compétence ».