Rémunération des patrons du CAC 40 : les inégalités se creusent
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Selon Proxinvest, la moitié des dirigeants du CAC 40 gagnent donc plus de 5,6 millions d'euros par an.
Joao Luiz Bulcao / Hans Lucas via Reuters Connect
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Selon Proxinvest, la moitié des dirigeants du CAC 40 gagnent donc plus de 5,6 millions d'euros par an.
Joao Luiz Bulcao / Hans Lucas via Reuters Connect
Les rémunérations des dirigeants du CAC 40 ont reculé en 2024, mais les niveaux médians atteignent des sommets historiques. Selon un rapport publié mardi par le cabinet Proxinvest, la rémunération moyenne des grands patrons du CAC 40 a diminué de 9 % sur un an, pour s’établir à 6,5 millions d'euros par dirigeant.
La rémunération médiane progresse toutefois à environ 5,6 millions d’euros, soit son « plus haut niveau historique depuis la [première] publication du rapport Proxinvest », en 1999, en hausse de 5 % par rapport à 2023. La moitié des dirigeants du CAC 40 gagnent donc plus de 5,6 millions d’euros par an.
Le mouvement touche aussi le SBF 120. Pour cet indice élargi regroupant les 120 plus grandes entreprises cotées à Paris, Proxinvest observe une baisse de 4 % de la rémunération totale moyenne, à 4,2 millions d’euros. Ici aussi, la médiane progresse : 3,4 millions d’euros, soit son « deuxième plus haut niveau historique », en hausse de 8 %.
Un autre signal attire l’attention : le nombre de dirigeants dépassant la « rémunération maximale socialement acceptable », fixée par Proxinvest à 5,7 millions d’euros, augmente. Ils sont 26 en 2024, contre 22 l’an dernier.
Le podium des patrons les mieux rémunérés subit un important remaniement. Le PDG d’EssilorLuxottica, Francesco Milleri, domine avec une rémunération totale de 23,1 millions d’euros, plus de deux fois supérieure à celle de 2023.
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Il devance Cyrille Bolloré (groupe Bolloré), à 15,7 millions d’euros, et Pascal Daloz, directeur général de Dassault Systèmes depuis janvier 2024 (15,5 millions).
La rémunération de Pascal Daloz apparaît néanmoins plus faible que celle de son prédécesseur, Bernard Charlès, qui avait bénéficié de vastes attributions d’actions par la famille Dassault, rappelle Proxinvest lors d’une conférence de presse en ligne. En 2023, Bernard Charlès dominait le classement avec une rémunération totale de 46,8 millions d’euros, un niveau sans comparaison dans le paysage français. À la quatrième place du classement 2024 figure Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, avec 10,6 millions d’euros.
Le rapport relève par ailleurs une transformation de la composition des rémunérations : la part fixe augmente tandis que les bonus diminuent, un signe souvent interprété comme une volonté de stabiliser les dispositifs de rémunération dans un contexte économique incertain.
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Proxinvest précise que sa méthodologie intègre « l'ensemble des formes de rémunération des dirigeants attribuées au titre de l'exercice 2024 » : salaire fixe, bonus, options, actions, indemnités de départ ou primes de bienvenue.
(avec AFP)
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