Un premier bilan de la méga campagne de recherche minière lancée en février 2025 par le gouvernement français a été tiré lors du dernier Congrès de la Société d’Industrie Minérale (SIM), la grand-messe de la filière.La France, qui a fermé ses dernières mines de charbon au début des années 80, va-t-elle renouer avec son passé minier ? Deux éléments semblent aller clairement dans ce sens. D’une part, les demandes de permis de recherche minière (PER) se sont largement accrues depuis 2024, selon Philippe Rocher, président du district du Centre-Val de Loire de la Société d’Industrie Minérale.
Son 74e congrès a accueilli quelque 7.000 visiteurs du 15 au 17 octobre dernier au Centre des expositions CO’Met d’Orléans. D’autre part, le nouveau programme d’identification des ressources minérales (IRM) françaises, confié en février 2025 au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), est entré en phase active. Cinq chantiers territoriaux ont été identifiés, l’ouest du Massif central, la zone Morvan-Brévenne, les Vosges, l’Occitanie-Cévennes-Cerdagne et le Sillon, ainsi que le Nord de la Guyane.
« La campagne de géophysique par hélicoptères du BRGM a démarré le 7 octobre dans les Pyrénées avec l’objectif de scanner le sous-sol dans les grandes vallées de la Haute-Garonne, de l’Ariège et des Hautes-Pyrénées, a indiqué Philippe Rocher aux congressistes. Les premières observations sont encourageantes même s’il est bien sûr trop tôt pour tirer des conclusions. Le passage de l’investigation à l’exploitation minière proprement dite peut durer plusieurs années ». Doté d’une enveloppe budgétaire de 53 millions d’euros, le BRGM prévoit d’envoyer sur le terrain des dizaines de géologues, lorsque l’IRM tournera à plein régime.
Recherche de métaux critiques en France
Le regain d’intérêt de l’Etat pour la question minière date de 2022 à la suite du « rapport Varin » sur la sécurisation des approvisionnements en matières premières minérales. Dans un contexte géopolitique troublé avec le conflit ukrainien, la question de la souveraineté nationale, notamment vis-à-vis des métaux critiques, explique ce retour en grâce. Le cobalt, le lithium, l’antimoine et le cuivre, notamment, sont en effet utilisés dans la totalité des briques de l'économie verte et numérique, éoliennes et panneaux solaires, véhicules électriques et bornes de recharge, drones et satellites.