La Banque européenne d'investissement (BEI) souligne dans son enquête annuelle la résilience des entreprises manufacturières françaises. L'appétence pour l'innovation n'a pas fléchi pas dans l'industrie. Mais 85 % des entreprises considèrent le climat incertain comme un obstacle à l'investissement.« Les entreprises françaises font face à un climat d'investissement difficile, marqué par la volatilité mondiale, les chocs sur les chaînes d'approvisionnement et l'incertitude », observe la Banque européenne d'investissement (BEI) dans son étude annuelle « EIB Investment Survey » publiée le 9 décembre à Luxembourg. « 85 % des entreprises françaises considèrent l'incertitude comme un obstacle à l'investissement », ont calculé les auteurs, après avoir interrogé 13 000 entreprises dans tous les pays de l’Union européenne (UE) et aux États-Unis.
« Les entreprises françaises sont légèrement plus susceptibles que la moyenne des entreprises de l'UE de percevoir les chocs sur la chaîne d'approvisionnement, les changements de réglementation étant une préoccupation pour 61 % des entreprises françaises (59 % dans l'UE) et les perturbations logistiques pour 50 % d'entre elles (43 % dans l'UE) », précise cette étude dont la partie consacrée à la France (37 pages) a pu être consultée en avant-première par La Tribune.
Pas d'augmentation des investissements
Ce climat incertain pèse directement sur les anticipations : le solde d’entreprises prévoyant d’augmenter leurs investissements en 2026 ressort à - 9 %, contre + 4 % en moyenne dans l’UE.
Derrière cette prudence globale, l’industrie manufacturière française semble faire preuve de résilience : 94 % des entreprises industrielles investissent, et le solde net de celles qui prévoient d'augmenter plutôt que de diminuer leurs investissements en 2026 s'établit à 1 %.
La BEI souligne l'ancrage de l’innovation dans l'industrie en France : 52 % des industriels ont introduit de nouveaux produits ou procédés en 2025.
Sur les outils numériques, la France reste en retrait par rapport aux autres pays européens dans l’usage global de l’IA générative. L'étude de la BEI souligne que « seules 24 % des entreprises françaises utilisent des outils d'IA générative pour améliorer leurs processus », contre 37 % à l’échelle européenne.