Nicolas Dufourcq (Bpifrance) : « Relancer l’industrie française est une très longue guerre à mener »
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Nicolas Dufourcq, DG de BPI France
(© BPI France)
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Nicolas Dufourcq, DG de BPI France
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LA TRIBUNE - Quel est l’état de la réindustrialisation du pays en 2025 ?
NICOLAS DUFOURCQ - La France a continué d’ouvrir et d’agrandir plus d’usines qu’elle n’en a fermées ou réduites au premier semestre 2025, mais ce cycle vertueux se ralentit avec un solde positif d’ouvertures et d’extensions limité à +9. Au semestre précédent, en 2024, il se situait à +50. Dans le même temps, la création de start-up industrielles a augmenté de façon significative, avec une quarantaine de nouvelles entités. C’est beaucoup plus que l'année dernière et la preuve que l’industrie évolue dans le bon sens, avec plus d’innovation à la clé. Cette dernière constitue l’un des clés de sa réussite. En sachant qu’il s’agit d’une très longue guerre à mener pour permettre à l’industrie nationale de retrouver sa grandeur.
Quels sont les principaux freins pour l’industrie ?
Trois paramètres majeurs handicapent un développement plus significatif des entreprises industrielles françaises. Il s’agit d’une part des taxes sur la production qui restent bien plus élevées que chez nos principaux partenaires européens. Ainsi, le taux moyen de prélèvement sur la valeur ajoutée des entreprises est de 21% en France soit près du double de l'Allemagne (12%). D’autre part, les normes européennes concernant la biodiversité, appliquées avec zèle dans l'Hexagone, freinent non seulement l’agilité de nos entreprises, mais encore génèrent pour elles des coûts supplémentaires très significatifs. Résultat, nombre de projets industriels avortent. Enfin, le secteur peine toujours à recruter. 60 000 postes restent ainsi à pourvoir en 2025 dans l’industrie qui devra encore embaucher un million de personnes à l’horizon 2030.
Comment pousser plus de jeunes à rejoindre les métiers industriels ?
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Si l’industrie voit son image, ternie par deux décennies de délocalisation dans les années 90 et 2000, s’améliorer d’années en années, elle doit encore redorer son blason pour attirer les vocations dès le collège. La diversité des métiers industriels, l’innovation omni-présente, mais aussi la moindre pénibilité, sont autant d’atouts qu’elle doit mieux faire valoir. Cela passe par une promotion renforcée avec la montée en puissance de dispositif comme la French Fab. Lancée en 2017 par Bpifrance, elle constitue l’étendard du secteur en fédérant une communauté de quelque 7 000 industriels. Parmi les actions menées figure le Tour de France de nos industries. Sa 2e édition, qui aura accueilli 3 000 jeunes lors de ses douze étapes, s'est achevée cette semaine.