Très attendue dans sa phase 2, l’Opération d’Intérêt National veut poursuivre l’attractivité de cette zone qui, historiquement, a redessiné le développement de Marseille. Dans sa cible : les entreprises mais également les actifs via offre de logements et services de proximité adéquats.C’est « la plus grande rénovation urbaine et de développement économique en centre-ville de l’Europe du Sud », martèle Isabelle Campagnola-Savon, nouvelle présidente du directoire de l’Etablissement public d’aménagement (EPA), succédant ainsi à Laure-Agnès Caradec. C’est en 1995, alors que la Cité phocéenne a perdu près de 50 000 emplois en 20 ans, que le taux de chômage atteint 22% et que 150 000 habitants ont préféré plier bagage que l’Opération d’intérêt national (OIN) Euroméditerranée est créée avec pour mission de placer Marseille au rang de métropole européenne et de l’inscrire dans un plan de développement pérenne.
Cela fait trente ans, donc, que le littoral méditerranéen est refaçonné pour répondre aux enjeux économiques et urbains que sont ceux de la deuxième ville de France grâce à l’action de l’établissement public d’aménagement. Lequel a identifié quatre zones d’aménagement concerté (ZAC littorale, Cité de la Méditerranée, Joliette et Saint-Charles) étalées sur 480 hectares dans lesquelles sont programmés le déploiement de 20 hectares d’espaces verts et publics, 19 000 logements neufs, 1 million de m² de bureaux, des établissements publics rythmant la vie du quartier – éducation, culture, santé.
Cercle vertueux : attirer le tertiaire pour déployer le logement
Euroméditerranée I avait, dans un premier temps, aménagé 310 hectares dans le secteur arrière-portuaire et la façade littorale avec, entre autres, la création du troisième quartier d’affaires de France après Paris-La Défense et Lyon Part-Dieu (soit 750 000 m2 de bureaux, dont 573 000 m² produits dans le cadre de l’OIN) ou encore les symboliques rénovations des Docks – nés de l’activité portuaire de la ville – en bureaux, et du Silo – ancien lieu de stockage pour répondre au transit des céréales passant par le port – en salle de spectacle. Euroméditerranée II, bien ancré dans les esprits, prend également toute sa place dans le développement de la Cité phocéenne. Comme en témoigne la feuille de route de la nouvelle présidente, qui ne déroge pas à la ligne impulsée par ses prédécesseurs : « créer une offre tertiaire du développement économique, qui entraîne du logement ». Le tout en comptant sur le sixième protocole financier doté de 249 millions d’euros, signé en février 2025, permettant de « se projeter jusqu’en 2040 dans un cadre financier stratégique partagé » avec les collectivités territoriales et l’Etat, mais également avec les investisseurs privés.