L'emploi intérimaire, miroir fidèle de la conjoncture en berne
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Sur les onze premiers mois de 2025, l'intérim enregistre un ralentissement de -4,8% selon le baromètre Prism'emploi.
DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Sur les onze premiers mois de 2025, l'intérim enregistre un ralentissement de -4,8% selon le baromètre Prism'emploi.
DR
2025 n’aura pas fait exception. Déjà en 2023 et 2024, l’emploi intérimaire enregistrait des reculs de 6% du marché. Pour l’année passée, le baromètre Prism’emploi est toujours dans le rouge à -4,8% sur les onze premiers mois. Un moindre mal. Enfin, on l’espère du côté des professionnels de l’emploi intérimaire. « L’intérim a toujours su s’adapter, comme lors de la crise du Covid-19 », assure Fabrice Greffet, président de Prism’emploi Corse - Provence-Alpes-Côte d'Azur. Car les douze derniers mois, comme les années post-Covid, ont constitué une période de « réajustement » après la hausse exceptionnelle qu’a connue le marché de l’intérim pendant la pandémie.
Un réajustement « normal » qui traduit toutefois la souffrance de certains secteurs alors que l’intérim représente un tremplin en termes d’insertion professionnelle – un tiers des intérimaires décrochant un CDI. A l’échelle nationale, si l’industrie et le BTP voient l’emploi intérimaire progresser respectivement à +4,1% et +0,1%, les secteurs du commerce (-7,1%), des transports (-11,8%) et des services (-4%) enregistrent des croissances toutes orientées à la baisse sur un an. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'emploi intérimaire augmente dans le BTP (+14,4 %), le commerce (+6,2 %) et l’industrie (+3,7 %), mais diminue également dans les transports (-12,7 %) et les services (-13,5 %). Si la dynamique moyenne des régions françaises est plutôt à la baisse sur les chiffres des onze premiers mois de l’année 2025, quelques régions arrivent tout de même à se distinguer comme les Hauts-de-France (-0,6%), la Bretagne (-2,4%), les Pays de la Loire (-1,7%), la Bourgogne-Franche-Comté (-3,4), la Normandie et le Centre-Val de Loire à -3,6. Suivies de l’Occitanie à -4,5% et de Provence-Alpes-Côte d'Azur à -4,6%. Le reste des régions dépassant le seuil des -6%.
À lire également
En Provence-Alpes-Côte d'Azur, les Alpes-Maritimes décrochent à -5,7% tandis que le département des Bouches-du-Rhône se maintient à +1,9%. « Cela s’explique par la nature du tissu économique », argumente Marc Raiola, dirigeant du Groupe Interima, qui poursuit, « les Bouches-du-Rhône ont plus d’industrie que les Alpes-Maritimes. Lesquelles (comme pour le Var d’ailleurs qui chute à -8,7%) sont plus exposées à la construction et au transport. Ce sont davantage des zones de distribution que de production. Par ailleurs, le territoire azuréen n’est pas un territoire nucléaire ou de défense, deux secteurs qui se portent bien en ce moment ». La région est toutefois confrontée à un phénomène grandissant : le nombre de détenteurs de faux documents d’identité de plus en plus réalistes, notamment dans le BTP. « Il devient compliqué d’être certain de faire travailler les gens en toute légalité. Or, si nous faisons travailler des clandestins, nous risquons gros. Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il fausse le marché quelque part. Sans eux, arriverions-nous à remplir les postes et trouver des candidats ? Honnêtement, je ne sais pas », admet Marc Raiola.