À peine nommé Premier ministre, Sébastien Lecornu fait face à une mobilisation syndicale massive qui, des rues de Paris aux régions, entend peser sur ses premiers arbitrages budgétaires.À peine installé à Matignon, Sébastien Lecornu est déjà confronté à un front social d’ampleur. Jeudi, plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté dans tout le pays contre la politique économique menée depuis Emmanuel Macron et contre les coupes budgétaires redoutées du futur gouvernement, héritier du projet de François Bayrou. Une démonstration de force qui sonne comme un avertissement adressé au nouveau Premier ministre, arrivé il y a à peine neuf jours.
Selon le ministère de l’Intérieur, 451 789 personnes ont défilé en province et 55 000 à Paris. La CGT revendique pour sa part plus d’un million de participants. Le cortège parisien, parti de Bastille peu après 14 heures, a rejoint la place de la Nation sous haute surveillance, encadré par 6 200 policiers et gendarmes. Au total, 80 000 membres des forces de l’ordre étaient mobilisés sur l’ensemble du territoire. Si des heurts ont émaillé les rassemblements à Paris, Lyon, Nantes ou Rennes – 181 interpellations ont été recensées, dont 31 à Paris – l’essentiel des manifestations s’est déroulé dans le calme.
“La nuit sans fin du macronisme”
Cette journée d’action avait été lancée par les grandes centrales syndicales pour peser sur les arbitrages budgétaires de l’exécutif. “Dès ce midi, on peut dire que la mobilisation est déjà un succès”, s’est félicitée Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, avant le départ du cortège parisien. Elle a dénoncé “la nuit sans fin du macronisme” et fustigé un projet de loi de finances qui “vide les poches des salariés pour financer les excès des multinationales et des ultra-riches”. “Le message que j’adresse aujourd’hui à monsieur Lecornu, c’est que la rue doit écrire le budget. Et si ce n’est pas le cas, c’est lui qui finira à la rue”, a-t-elle lancé.