Investissements et terres rares : l'heure du réchauffement entre L'Europe et la Chine
latribune.fr

Xi Jinping et Ursula von de Leyen.
Ludovic Marin/Pool via REUTERS
latribune.fr

Xi Jinping et Ursula von de Leyen.
Ludovic Marin/Pool via REUTERS
Après plusieurs années de tensions et de blocages, les relations économiques entre l’Union européenne (UE) et la Chine semblent amorcer un réchauffement, sur fond de réorganisation des chaînes d’approvisionnement et d’intérêt stratégique mutuel.
Le ministère chinois du Commerce a indiqué jeudi que Pékin envisageait de relancer les discussions sur un accord global d’investissement avec l’UE, dont la ratification avait été gelée en 2021. « La Chine est prête à approfondir une coopération mutuellement bénéfique avec l'UE et à explorer la possibilité de négocier divers accords économiques et commerciaux, y compris des accords d'investissement », a ainsi indiqué He Yadong, porte-parole du ministère, soulignant que « la Chine et l'Union européenne partagent de nombreux intérêts communs et il existe d'importants domaines de coopération dans les secteurs économique et commercial ».
Cette ouverture s’inscrit dans un contexte de rapprochement stratégique, après que la Commission européenne a imposé en octobre dernier des droits de douane pouvant atteindre 45,3 % sur les véhicules électriques fabriqués en Chine. La guerre commerciale mondiale initiée par les États-Unis a toutefois rapproché les deuxième et troisième économies mondiales. Parallèlement, l’UE a conclu des accords commerciaux avec la Nouvelle-Zélande, le Kenya et le Chili, tandis que la Chine a renforcé ses liens avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est.
L’initiative européenne s’accompagne d’actions concrètes pour sécuriser ses approvisionnements en matières stratégiques. L’UE a ainsi établi un « canal spécial » avec Pékin pour garantir l’accès aux terres rares, essentielles pour l’industrie européenne des véhicules électriques, des turbines éoliennes et d’autres technologies dépendant d’aimants permanents.
« Des procédures d'exportation mal gérées pourraient avoir un impact très négatif sur la production et la fabrication dans l'UE », a averti mercredi Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce, lors du 2025 GCC-EU Business Forum au Koweït, rappelant qu’il avait discuté à plusieurs reprises de cette question avec le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Selon le commissaire, les entreprises européennes ont soumis environ 2.000 demandes de licences auprès des autorités chinoises depuis l’entrée en vigueur des contrôles, et un peu plus de la moitié d’entre elles ont déjà été approuvées. Les deux parties travaillent désormais à accélérer le traitement des dossiers restants.
À lire également
Dans ce contexte, certains États européens continuent de chercher des voies complémentaires pour sécuriser leurs relations commerciales avec Pékin. Le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, a évoqué un accord de libre-échange « très important », distinct de l’accord global d’investissement, tout en soulignant que le soutien de la Chine à la Russie pourrait ralentir sa conclusion.
(avec agences)
latribune.fr