Tensions Russie-Otan : une « escalade dangereuse » selon Moscou
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Le Kremlin a vivement réagi vendredi aux déclarations du président américain Donald Trump, qualifiant d'« dangereuse » et « irresponsable » l’idée d’abattre des avions russes en cas de violation de l’espace aérien des pays de l’Otan. Une menace brandie par Washington après une série d’incursions attribuées à Moscou, qui attise les craintes d’une escalade militaire en Europe.
Dans un entretien accordé à la télévision d’État russe, le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a fustigé « des déclarations irresponsables sur la nécessité d’abattre des avions russes », les jugeant « au minimum imprudentes » et susceptibles d'« entraîner des conséquences dangereuses ». Une réponse ciblée aux propos tenus mardi par Donald Trump, qui avait estimé que les membres de l’Otan « devraient abattre » les appareils russes violant leur souveraineté aérienne.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes : en moins de deux semaines, l’Alliance atlantique a recensé trois incursions de drones ou chasseurs russes dans son espace aérien, dont une interception de MiG-31 au-dessus de l’Estonie la semaine dernière. Moscou, de son côté, dément catégoriquement ces accusations. « Aucune preuve n’a été présentée », a insisté Dmitry Peskov vendredi, réitérant la ligne de défense du Kremlin.
Face à cette escalade, l’Otan a réagi avec fermeté mardi, mettant en garde Moscou et affirmant sa « préparation à se défendre par tous les moyens », sans toutefois évoquer explicitement l’option d’un abattage. Une prudence partagée par le président français Emmanuel Macron, qui a appelé mercredi à « monter d’un cran » la riposte en cas de « nouvelles provocations », tout en excluant « d’ouvrir le feu ».
Du côté européen, la réponse se veut concrète : une dizaine de pays, dont plusieurs ciblés par des incursions, poussent pour la création d’un « mur anti-drones », désormais considéré comme une « priorité » par Bruxelles. Un projet qui s’inscrit dans une course à la sécurisation des frontières aériennes, alors que les violations attribuées à la Russie se multiplient.
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Si les dénégations russes et les appels à la retenue se succèdent, les propos de Trump — souvent perçus comme imprévisibles — alimentent les craintes d’un emballement. Une chose est sûre : dans ce bras de fer aérien, chaque mot compte. Et ceux de Washington, comme ceux de Moscou, pèsent désormais comme des menaces.
La Tribune (avec agences)
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