Le marché du travail bascule : 60 600 emplois détruits en trois mois dans le secteur privé
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60 600 postes détruits : le choc de l'alternance plombe l'emploi privé.
Reuters
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60 600 postes détruits : le choc de l'alternance plombe l'emploi privé.
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Après une phase d’expansion où les embauches étaient la règle, le marché du travail français amorce un virage serré. Le 3e trimestre 2025 signe une contraction nette de l’emploi salarié privé, avec la disparition de 60 600 postes indique la Dares dans une étude publiée début novembre. Ce recul de 0,3 % sur trois mois est un signal clair d’inversion de tendance. Sur l’année entière, la dégradation est d’une ampleur plus significative, avec une perte de 112 100 postes, soit – 0,5 %.
Les entreprises, après une période où elles recrutaient en masse, sont en phase de réajustement. Cette prudence accrue se traduit par une politique d’embauche plus sélective, voire par un « ménage » au sein des effectifs.
La performance négative de ce trimestre trouve sa source principale dans un segment précis : l’emploi en alternance (apprentissage et professionnalisation). La forte baisse de ces contrats est la raison principale de cette mauvaise performance. Ces dispositifs, qui ont massivement soutenu la création de postes ces dernières années, ont fortement diminué. Leur contraction brutale a mécaniquement plombé le chiffre global de l’emploi salarié privé.
Malgré cette conjoncture négative, une seule catégorie de travailleurs continue de trouver du travail de manière dynamique : celle des seniors (les travailleurs les plus âgés), qui maintient une trajectoire positive face au reste du marché.
Le taux de chômage s’établit désormais à 7,7 % de la population active. Si la progression est minime sur le trimestre (+ 0,1 point), elle porte la hausse à 0,3 point sur un an. Le halo du chômage, qui représente ceux qui souhaitent travailler sans être comptés comme chômeurs « officiels », reste stable.
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L’analyse par tranche d’âge révèle des mouvements complexes chez les moins de 25 ans. Chez les jeunes hommes, le taux de chômage diminue ; cette baisse coexiste cependant avec une augmentation du halo du chômage. Pour les jeunes femmes, la dynamique est strictement inverse : le taux de chômage s’accroît tandis que le halo diminue. Ces mouvements croisés confirment une simple substitution de statut au sein de la population non employée. Ils ne traduisent pas d’amélioration globale, mais plutôt un changement de la manière dont les jeunes s’inscrivent (ou non) dans les catégories de recherche d’emploi.
Le cycle de la pénurie de personnel touche à sa fin. Les difficultés de recrutement accusent une décrue nette en France, et ce, dans tous les secteurs. Les entreprises françaises éprouvent désormais beaucoup moins de difficultés à pourvoir leurs postes vacants. Cette détente n’est pas circonscrite à l’Hexagone ; elle est observée comme une tendance générale dans toute l’Union européenne.
Ce basculement est fondamental. Il signale que l’économie passe de l’ère où la difficulté principale était liée à l’offre (le manque de main-d’œuvre), à une ère où le problème redevient souvent lié à la demande (manque de clients ou de commandes). Fait notable, la France se distingue en affichant une proportion d’entreprises contraintes par le manque de personnel moindre que la moyenne de l’Union.
L’inflation refluant depuis le pic de 2022 modère la progression des salaires négociés. Le ralentissement de la hausse nominale est avéré, mais il se conjugue à un gain de pouvoir d’achat. Les salaires progressent en termes réels, puisque l’inflation est moins rapide que les augmentations consenties.
Ce coup de frein sur les hausses s’accompagne d’un retour à une plus grande uniformité dans la négociation. Lors du pic inflationniste entre 2021 et 2023, les ouvriers et les employés avaient bénéficié d’une dynamique salariale plus forte. Aujourd’hui, les indices progressent à nouveau à des rythmes comparables pour l’ensemble des catégories socioprofessionnelles, un signe de normalisation des mécanismes d’ajustement salarial.
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