Le déficit pourrait encore se creuser à 5,8 % du PIB en 2026 contre 5,4 % en 2025, d’après le FMI. Une projection bien éloignée du scénario présenté par Sébastien Lecornu qui table sur une baisse du solde public à 4,7 %.Les mauvaises nouvelles pleuvent en cascade pour le nouveau gouvernement Lecornu. Après le Haut conseil des finances publiques (HCFP) et l’OFCE, c’est au tour du Fonds monétaire international (FMI) de livrer ses prévisions à la France. Dans son rapport Monitor fiscal dévoilé ce mercredi, l’institution table sur un déficit de 5,8 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026 contre 5,4 % en 2025. Une projection bien éloignée de celle de Bercy à 4,7 % l’année prochaine dans le projet de budget détaillé la veille.
Comment expliquer des projections aussi sombres ? Ces modélisations ont été réalisées à « politique inchangée ». Dans leur scénario, les économistes de Washington expliquent que « les projections de 2025 sont basées sur le budget 2025, et sur d’autres mesures clairement spécifiées dans le projet de loi de programmation budgétaire pluriannuelle et les plans budgétaires des autorités pour la période 2023 – 2027 ». Avec la réforme du Pacte de stabilité en vigueur depuis 2024, la France doit livrer un rapport d’avancement annuel (RAA) aux autorités européennes. L’objectif est de rendre compte des mesures mises en œuvre pour parvenir à une cible de déficit et de dette à moyen terme.
La France fait partie d’un groupe de pays qui « disposent généralement de marchés obligataires souverains importants et liquides, ainsi que de larges marges de manœuvre en matière de politique économique, ce qui conduit à considérer leur risque budgétaire comme modéré », indique Vitor Gaspard, directeur du département des affaires fiscales.
Un déficit en hausse jusqu’en 2029
Mais le scénario dessiné par le Fonds semble aller à l’exact opposé de l’objectif d’Emmanuel Macron de parvenir à 3 % de déficit en 2029. Dans leur modèle, les experts du Fonds projettent un solde budgétaire autour de 6,3 % du PIB en 2029 et 2030. Placée en procédure de déficit excessif en Europe, la France peine à redresser la barre des finances publiques. Et ce n’est pas l’instabilité gouvernementale des derniers mois qui devrait arranger les choses. La zone euro affiche, quant à elle, en moyenne un déficit à 3,2 % en 2025 et potentiellement à 3,4 % en 2026. Sur le front des recettes, elles devraient baisser entre 2025 et 2026 pour passer de 51,9 % du PIB à 51,7 %.