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ÉconomieFrance

La dette française atteint un record de 3 400 milliards d’euros, une épine dans le futur budget

Photo de Agathe Perrier

Agathe Perrier

Publié le 25 septembre 2025 à 09:58

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a jusqu’au 13 octobre pour transmettre un projet de budget à l’Assemblée nationale, afin qu’il puisse être adopté avant la fin de l’année.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a jusqu’au 13 octobre pour transmettre un projet de budget à l’Assemblée nationale, afin qu’il puisse être adopté avant la fin de l’année.

/FW1HFS/Thomas Hogue - via REUTERS - AFP or licensors - LUDOVIC MARIN

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Les chiffres du deuxième trimestre sont tombés et la dette publique de la France a encore grimpé, s’affichant à 115,6 % du PIB, soit plus de 3 400 milliards d’euros. De quoi compliquer la tâche du Premier ministre Sébastien Lecornu dans sa quête d’un budget 2026 faisant le plus consensus possible.

Elle ne cesse de s’envoler. La dette publique française a encore augmenté au deuxième trimestre 2025, atteignant 115,6 % du produit intérieur brut (PIB) à la fin du mois de juin, d’après les chiffres dévoilés ce jeudi par l’Insee. Elle s’élève ainsi très exactement à 3 416,3 milliards d’euros, un record en valeur absolue. La hausse a représenté 70,9 milliards d’euros par rapport au premier trimestre, essentiellement due à la croissance de la dette de l’État (+64,3 milliards d’euros).

Inarrêtable dette

La dette française n’en finit plus de monter depuis la fin de la décennie 1990. Elle est quasiment deux fois plus élevée aujourd’hui qu’au début de l'année 2000, quand elle s’affichait déjà à un niveau élevé (60,5 % du PIB). Au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, mi-2017, elle s’établissait à 101,2 % du PIB (2 281,3 milliards d’euros).

La cause de cette inexorable hausse : l’accumulation ininterrompue des déficits depuis 1975, fruit d’une différence entre des dépenses chroniquement plus élevées que les recettes. Cela s’explique par les très coûteuses mesures de soutien face aux crises sanitaire et inflationniste, mais aussi par des choix politiques. Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l’OFCE, y voit en effet le résultat d’une baisse de prélèvements obligatoires non financée, couplée à une croissance plus molle qu’espéré par le gouvernement, et donc moins génératrice de recettes.

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Plus que le niveau de la dette, c’est son évolution qui inquiète. « Aujourd’hui, on n’est pas capable de stabiliser la dette », souligne l’expert en finances publiques François Ecalle, président du site spécialisé Fipeco, auprès de l’AFP. Et le pic n’est peut-être pas encore atteint. L’agence de notation Fitch, qui a récemment dégradé la note souveraine de la France en citant son instabilité politique et sa fragilité budgétaire, présage que l’endettement français va grimper jusqu’à 121 % du PIB en 2027.

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Une épine dans le budget

La dette est la « question vitale » qui menace la France, n’a cessé de marteler l’ex-Premier ministre François Bayrou ces dernières semaines, justifiant ainsi son plan d’économies de 44 milliards d’euros pour 2026 présenté en juillet. Celui-ci est supposé ramener le déficit public de 5,4 % à 4,6 % mais il aura finalement eu raison de son gouvernement.

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Charge désormais à son successeur à Matignon, Sébastien Lecornu, de définir le niveau d’effort budgétaire à consentir pour baisser le niveau du déficit public l’année prochaine et donc celui de la dette… sans susciter un vent d’opposition qui lui coûterait son poste. La droite accepterait un curseur placé autour des 35 milliards d’euros, quand les socialistes souhaitent le voir à 22 milliards d’euros.

Compte tenu de l’effort requis pour parvenir à stabiliser la dette, François Ecalle juge, de son côté, nécessaire de réaliser essentiellement des économies sur les dépenses. « Cela ne suffira pas, prévient-il toutefois. Il faut aussi augmenter les prélèvements obligatoires ». Surtout, pour éviter une perte de confiance des investisseurs et un emballement des taux souverains, il faut « de la crédibilité » et « une stratégie claire de redressement des finances publiques sur plusieurs années », sans nuire à l’économie, estime l’expert.

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Consultations et tractations en cours

Le temps est compté pour le locataire de Matignon. Sébastien Lecornu a jusqu’au 13 octobre pour transmettre un projet de budget à l’Assemblée nationale, afin qu’il puisse être adopté avant la fin de l’année.

Pour avoir une ébauche qui fasse consensus, ou au moins qui ne mène pas à une motion de censure, le Premier ministre multiplie les consultations. Sans convaincre pour le moment. Reçue mercredi, l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires) est ressortie déçue du rendez-vous, regrettant qu’« aucune réponse claire » n’ait été apportée aux attentes des travailleurs et des travailleuses. Elle a annoncé dans la foulée une nouvelle journée de mobilisation le 2 octobre, après celle du 18 septembre considérée comme un succès. Du côté du patronat, le Medef a fait savoir qu’il organiserait un meeting le 13 octobre contre « la dangerosité (du) débat fiscalo-fiscal ».

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En parallèle, Sébastien Lecornu poursuit ses tractations avec les différents partis politiques, à l’abri des regards et des oreilles. La tâche ne sera pas facile. Les députés insoumis ont demandé mercredi aux autres groupes de gauche de l’Assemblée nationale de signer une motion de censure commune contre le Premier ministre, qui sera déposée « dès l’ouverture de la session parlementaire » le 1er octobre.

Agathe Perrier

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