Pour les marchés, un mois de novembre à hauts risques
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Après un mois d'octobre contrasté, les marchés s'apprêtent à entamer une période charnière.
BM/KR - REUTERS - Brendan McDermid
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Après un mois d'octobre contrasté, les marchés s'apprêtent à entamer une période charnière.
BM/KR - REUTERS - Brendan McDermid
À l’approche de la fin d’une année 2025 marquée par une succession d’événements politiques et économiques majeurs, les marchés financiers abordent novembre avec prudence. Entre les décisions attendues des grandes banques centrales, la poursuite du « shutdown » américain et les débats budgétaires en Europe, les investisseurs naviguent dans un brouillard d’incertitudes.
Après un mois d’octobre contrasté, les marchés s’apprêtent à entamer une période charnière. Aux États-Unis, la Réserve fédérale (Fed) vient d’opérer sa deuxième baisse de taux de l’année, dans un contexte d’assouplissement monétaire amorcé en septembre.
Cette décision n’a pas suffi à dissiper les inquiétudes liées au ralentissement économique, d’autant que la publication des chiffres de l’emploi reste suspendue pour la deuxième fois consécutive, conséquence directe de la fermeture partielle de l’administration fédérale depuis le 1er octobre.
Sur les marchés, Nvidia continue de dominer l’actualité boursière. La capitalisation du géant américain des semi-conducteurs a franchi le cap symbolique des 5.000 milliards de dollars, dopée par l’essor de l’intelligence artificielle. En parallèle, les obligations ont regagné du terrain après plusieurs mois de tensions, tandis que les investisseurs cherchent de nouveaux points d’ancrage dans un environnement macroéconomique instable.
En Europe, la situation n’est guère plus lisible. En France, les discussions budgétaires s’enlisent dans une Assemblée nationale fragmentée, alors que le gouvernement tente de maintenir le cap sur ses objectifs de réduction du déficit. Outre-Manche, la ministre des Finances Rachel Reeves s’apprête à dévoiler, le 26 novembre, son premier budget, un test décisif pour la crédibilité économique du gouvernement travailliste.
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La paralysie partielle du gouvernement américain prive les marchés de données clés. L’absence de publication du rapport mensuel sur l’emploi, habituellement dévoilé le premier vendredi du mois, complique la tâche de la Fed, désormais forcée de piloter sa politique monétaire « à l’aveuglette ».
Les opérateurs de marché devront se contenter du rapport ADP sur l’emploi privé, attendu mercredi, dont la fiabilité reste limitée en matière de prévision des chiffres officiels.
Dans ce contexte, la trajectoire économique américaine reste difficile à lire. La consommation montre des signes de ralentissement, et plusieurs membres du FOMC (Federal Open Market Committee) ont récemment évoqué la nécessité de « prudence » dans le cycle de baisse des taux.
Sur le marché de l’énergie, la réunion de l’Opep+ prévue dimanche pourrait redéfinir les équilibres de court terme. Selon plusieurs sources proches du dossier, une légère augmentation de la production en décembre n’est pas exclue.
Les discussions se déroulent sur fond de nouvelles sanctions occidentales visant le pétrole russe, susceptibles de réduire l’excédent mondial de brut. Cependant, les grands exportateurs cherchent à regagner des parts de marché perdues depuis la pandémie.
Le baril de Brent reste enfermé dans une fourchette de 63 à 78 dollars, peinant à franchir le seuil des 65 dollars ces dernières semaines. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime qu’en l’absence de choc géopolitique, la tendance la plus probable demeure une baisse progressive des prix, reflet d’une demande mondiale fragilisée.
Autre point d’attention pour les investisseurs : la décision de la Banque d’Angleterre (BoE) attendue jeudi. Avec une inflation encore à 3,8 % en septembre, la banque centrale britannique se trouve face à un choix difficile. Les marchés évaluent à 30 % la probabilité d’une baisse de 25 points de base, une perspective qui divise la communauté financière.
Goldman Sachs et Barclays anticipent un assouplissement, tandis que BofA, UBS et Deutsche Bank parient sur un statu quo. Quelle que soit la décision, elle pourrait provoquer de forts mouvements sur la livre sterling et les obligations d’État britanniques.
À mesure que se profile le premier anniversaire de la victoire de Donald Trump, les investisseurs redoutent un regain d’incertitude politique aux États-Unis. L’exécutif républicain reste engagé dans un bras de fer avec le Congrès sur le financement fédéral, tandis que la Cour suprême doit examiner, le 5 novembre, la légalité des droits de douane instaurés par la Maison Blanche.
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Entre politique, énergie et taux d’intérêt, les marchés financiers entament un mois de novembre où la visibilité s’amenuise et la volatilité menace de reprendre le dessus. La prudence reste donc de mise, dans l’attente de signaux clairs de la part des banques centrales et d’indicateurs économiques encore sous embargo.
(avec Reuters)
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