Luxe : malgré un plongeon en 2025, Kering est confiant sur l’avenir

Luca de Meo, le PDG de Kering, lors de la Journée de l'innovation Kering 2026 en janvier.
GFM - REUTERS - Info - Gonzalo Fuentes

Luca de Meo, le PDG de Kering, lors de la Journée de l'innovation Kering 2026 en janvier.
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Et de trois. Pour la troisième année consécutive, Kering a vu ses résultats baisser. Les ventes ont reculé de 13 % en 2025, s’affichant à 14,7 milliards d’euros, soit plus de deux milliards de moins en un an (16,9 milliards de chiffre d’affaires en 2024), d’après le bilan annuel du groupe publié sur son site Internet ce mardi.
Le résultat net du géant français du luxe a, lui, plongé de quelque 93 %, s’élevant à 72 millions d'euros en 2025 contre plus de 1,1 milliard un an plus tôt. Quant à son Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements), un indicateur clé de rentabilité, il est passé de 4,5 milliards d’euros en 2024 à 3,7 milliards (-20 %). Les résultats de Kering sont ainsi revenus dans les niveaux où ils étaient avant la pandémie de Covid-19.
Une fois de plus, ce sont les ventes de Gucci qui ont fait défaut à Kering. Elles ont baissé de 22 % sur un an en 2025, alors qu’elles représentent près de la moitié des ventes totales du groupe (41 %).
La maison-mère relève toutefois une « amélioration séquentielle » de sa marque iconique, c'est-à-dire sur les derniers trimestres, grâce aux nouveaux produits lancés et aux ventes de sacs à main. Si bien que le directeur général de Kering, Luca de Meo, ne s’affiche pas trop inquiet. « La performance du groupe en 2025 ne reflète pas son véritable potentiel », a-t-il commenté dans un communiqué.
« C'est une année à deux vitesses », a-t-il par la suite ajouté lors d'un point presse ce mardi. « On a vu dans le marché des signes de rebond » à partir du troisième trimestre et « cela nous fait entrer en 2026 avec une forme d'optimisme ».
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Un avenir dont les grandes lignes seront dévoilées dans deux mois. « Le 16 avril, lors de notre Capital Markets Day [ndlr : journée des investisseurs], nous présenterons une feuille de route claire pour renforcer l’attractivité de nos maisons de luxe et relancer la croissance, grâce à des stratégies de marque bien définies, une organisation plus efficace et une discipline financière rigoureuse », a précisé Luca de Meo.
L’ex-patron de Renault a repris les rênes de Kering en septembre dernier avec la lourde tâche, d’une part, de redresser le géant du luxe. Dans ce cadre, quelques semaines après son arrivée, il a pris la décision de vendre la division beauté de Kering à L’Oréal. Une cession qui a permis de réduire la dette financière du groupe, qui s'élevait à 9,5 milliards d'euros au premier semestre 2025.
Luca de Meo a aussi pour mission de réduire la dépendance de la maison-mère à Gucci, compte tenu des difficultés pour redresser la marque. Pour cela, il a nommé à sa tête la directrice adjointe de Kering, Francesca Bellettini. La direction créative a aussi été changée avec l'arrivée du styliste Demna, venu de Balenciaga, autre marque du groupe.
Kering ne semble toutefois pas avoir perdu la confiance des investisseurs malgré ses résultats en baisse. Le cours de son action a bondi de près de 15 %, dépassant les 294 euros, ce mardi dès l’ouverture par rapport à la clôture la veille. Avant de s’établir autour des 289 euros à la mi-journée (+11,5 %).
Une belle remontada qui a permis d’effacer une grande partie des pertes cumulées depuis le début de l'année. Le cours s’élevait en effet à 308 euros mi-janvier avant de dégringoler autour de 245 euros début février.
Le marché salue en particulier le « chiffre d'affaires au quatrième trimestre », explique un analyste de RBC Capital Markets dans une note. Bien qu’en retrait de 9 % sur un an, il « a été meilleur qu'attendu », indique-t-il.
Pour Chiara Battistini, analyste chez JPMorgan, les investisseurs saluent l'assainissement du bilan de Luca de Meo. Mais encore beaucoup de chemin reste à faire. Selon l’experte, le rétablissement de la solidité financière de Kering dépend d'un seul facteur : augmenter les ventes. Or, « je pense que le plus difficile est de stimuler le chiffre d'affaires », a-t-elle prévenu.