Ces dernières années en Europe, c’est la main-d’œuvre née à l’étranger qui a " largement contribué à la progression de l’emploi " (photo d’illustration).
/FW1FP/Paul Simao - REUTERS - Vincent Kessler
Main-d’œuvre étrangère : un moteur essentiel pour l’emploi en Europe, selon l’Insee
La population en âge de travailler née à l’étranger a augmenté ces dernières années et a contribué majoritairement à faire progresser l’emploi en Europe. La France fait figure d’exception, relève l’Insee.
Ces dernières années en Europe, c’est la main-d’œuvre née à l’étranger qui a « largement contribué à la progression de l’emploi », estime l’Insee dans sa toute dernière note de conjoncture parue ce mercredi. L’Institut national des statistiques s’est appuyé sur les données de la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.
La population en âge de travailler (15-64 ans) née à l’étranger s’est accrue dans ces quatre pays entre 2019 et 2024. Elle a ainsi augmenté de 6,9 % en Italie, 7,3 % en France et de 14,2 % en Allemagne. L’Espagne est le pays avec la plus forte augmentation : 33 %. Une immigration en provenance majoritairement d’Europe et notamment d’Ukraine pour l’Allemagne et dans une moindre mesure l’Espagne et d’Afrique pour la France. L’Espagne a aussi attiré beaucoup d’immigrés venus d’Amérique du Sud. La répartition est plus hétérogène en Italie avec des migrants venus d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique.
« D’un point de vue économique, l’immigration dans les pays développés est susceptible d’augmenter l’offre de travail et, in fine, de stimuler la croissance », explique l’Insee dans sa note.
En effet, si l’emploi total entre 2019 et 2024 a reculé en Allemagne (-0,3 %), ce sont les personnes nées hors de l’UE qui ont contribué le plus à l’emploi, à hauteur de 3 points, contre -2,7 points pour ceux nés dans le pays. En Espagne, la main-d’œuvre a contribué aux trois quarts de la hausse de l’emploi (+8,9 %). Enfin, en Italie où l’emploi a progressé de 3 %, les étrangers ont contribué à hauteur de 1,7 point contre 1,3 pour les personnes nées dans le pays.
Le cas spécifique de la France
Une situation néanmoins différente en France. La hausse de l’emploi (+5,3 %) est davantage due aux travailleurs nés dans le pays avec une participation de 3,8 points, et de 1,6 point pour les personnes nées en dehors de l’UE. Par ailleurs, contrairement à ses voisins, la hausse de l’emploi des personnes nées à l’étranger est portée en grande partie par les femmes, à hauteur de 60 %.
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