BTP : le français NGE se renforce en Amérique Latine

NGE construit l’A69.
Rémi Benoit - LT

NGE construit l’A69.
Rémi Benoit - LT
La cérémonie de mariage a eu lieu, ce 1er octobre, à la Maison de l’Amérique latine, boulevard Saint-Germain à Paris. NGE, vient de s’unir avec Saceem, autoproclamée « leader de la construction en Uruguay ». Cette dernière a réalisé 350 millions de dollars (297,83 millions d’euros) de chiffre d’affaires en 2024 et intervient dans les domaines des infrastructures, des routes, de l’énergie, de l’industrie, des travaux hydrauliques, des télécoms, du bâtiment et des concessions.
L’opération a déjà été validée par l’autorité de la concurrence locale, mais doit être encore finalisée d’ici à la fin du mois d’octobre. Ni le groupe français, challenger de Vinci, Bouygues et Eiffage, ni l’entreprise sud-américaine ne communiquent sur le montant de la transaction.
Aussi, selon nos informations, la valeur de Saceem, qui appartient à 80 % à un actionnaire brésilien et à 20 % à ses dirigeants, est-elle de 50 millions de dollars (42,55 millions d’euros). NGE, qui a réalisé 4,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, va en acquérir 70 %, les 30 % restants resteront détenus par le top 15 des managers.
Ensemble, les deux sociétés ont déjà investi 1,2 milliard de dollars (1,02 milliard d’euros) dans le projet Ferrocarril Central en Uruguay, une voie ferrée de 264 kilomètres, dans le cadre d’un partenariat public privé de 21 ans. Elles réalisent également la protection des berges des rivières Motupe et La Leche au Pérou et revendiquent la construction, à date, de 8 kilomètres de digues.
Demain, NGE espère « devenir un acteur de premier plan en Amérique » Latine » et « renforcer son positionnement régional en Uruguay, au Pérou et au Paraguay ». « Il y a beaucoup de choses à faire dans ces pays qui ont énormément besoin d’infrastructures mais ils ne sont pas aussi stables économiquement et politiquement que l’Uruguay. Pour le Brésil et l’Argentine, il va falloir qu’on en discute » dit Alejandro Ruibal, directeur exécutif de Saceem.
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« Au Brésil, il y a un gros potentiel dans l’eau que nous commençons à regarder avec Sade [filiale d’ingénierie rachetée à Veolia en novembre 2023]. Pour l’Argentine, rien ne se refuse, mais on va y aller doucement », affirme, de son côté, Frédéric Schriqui, directeur Amérique du Sud de NGE.
Sans oublier le marché des data centers sur lequel est déjà positionné Saceem qui en construit pour Google. « Nous pourrons importer ce savoir-faire en France », affirme aujourd’hui Jean-Sébastien Leoni, vice-président chargé des Finances de NGE.
Avec cet achat, l’ETI hexagonale, propriété à 72 % de ses salariés et à 28 % du fonds Montefiore Investment, vise désormais 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires à l’international à horizon 2028, contre 720 millions d’euros projetés à fin 2025. Pas question pour autant de quitter la France. Son président compte y réaliser encore 85 % de son activité.
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En comparaison, avec 4,222 milliards d’euros, la zone Amérique latine représente 5,9 % du chiffre d’affaires de Vinci grâce aux métiers des concessions, de la construction et des services à l’énergie. Chez Bouygues, cette géographie pèse 1,07 % du chiffre d’affaires (environ 600 millions sur 56 milliards), tiré à 50 % par Equans, à 50 % par Bouygues Construction et Colas.