La planète compte désormais 269 millions d’étudiants
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Le taux de scolarisation des 18-24 ans au plan mondial atteint les 43%.
/FW1FP/Nicholas ZIEMINSKI - REUTERS - Ryan Murphy
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Le taux de scolarisation des 18-24 ans au plan mondial atteint les 43%.
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En vingt ans, l’enseignement supérieur mondial a connu une expansion sans précédent. En 2024, 269 millions d’étudiants étaient inscrits dans le supérieur à travers le monde, contre 100 millions en 2000, selon une étude de l’Unesco publiée mardi. Une croissance spectaculaire qui s’accompagne toutefois de fortes tensions structurelles, entre inégalités régionales, contraintes budgétaires et recomposition géopolitique de l’attractivité universitaire.
Derrière la dynamique globale, les écarts demeurent béants. Si en Europe occidentale et en Amérique du Nord, le taux de scolarisation des 18-24 ans atteint environ 80 %, il tombe à seulement 9 % en Afrique subsaharienne. La moyenne mondiale s’établit, elle, à 43 %, selon ce premier « Rapport sur les tendances mondiales de l’enseignement supérieur » fondé sur les données de 146 pays.
Cette fracture interroge directement la capacité des systèmes éducatifs à absorber la massification de la demande, dans des contextes économiques et démographiques très hétérogènes.
Autre évolution majeure : la féminisation de l’enseignement supérieur. Les femmes sont désormais majoritaires dans les universités, avec 114 inscrites pour 100 hommes en 2024. Mais cette progression reste incomplète : elles demeurent minoritaires au doctorat et surtout dans les fonctions de direction académique, où persistent des plafonds de verre institutionnels.
La mondialisation des études s’accélère égalemeent. La mobilité internationale des étudiants a triplé depuis 2003 pour atteindre 7,3 millions en 2023, et pourrait grimper à 9 millions d’ici à 2030. Mais cette circulation reste marginale à l’échelle globale : moins de 3 % des étudiants dans le monde étudient hors de leur pays d’origine.
Malgré une diversification des destinations, les grands pôles d’attractivité restent inchangés. En 2023, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Allemagne, le Canada, la Russie et la France concentraient à eux seuls environ la moitié des étudiants internationaux.
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Le rapport met également en lumière la situation des étudiants réfugiés. Leur taux d’inscription dans l’enseignement supérieur est passé de 1 % à 9 % entre 2019 et 2025, une progression notable mais encore très insuffisante. Les obstacles restent multiples : juridiques, administratifs, linguistiques et socioéconomiques.
L’expansion des effectifs exerce une pression de plus en plus forte sur les systèmes universitaires, dans un contexte de contraintes budgétaires persistantes. En 2022, les dépenses publiques consacrées à l’enseignement supérieur représentaient en moyenne 0,8 % du PIB mondial.
Les écarts régionaux sont importants : de 1,11 % du PIB en Europe occidentale et en Amérique du Nord à seulement 0,44 % en Asie centrale. Cette insuffisance structurelle de financement alimente une crise de l’accessibilité, marquée par la hausse des frais d’inscription, l’endettement étudiant et l’augmentation du coût de la vie.
Au-delà des enjeux financiers, l’agence onusienne alerte sur une dégradation des libertés académiques. Moins de 15 % des pays considèrent aujourd’hui le bien-être du personnel enseignant comme une priorité. Dans le même temps, les systèmes universitaires doivent absorber la transformation numérique et l’irruption de l’intelligence artificielle, dans un monde où un tiers de la population reste encore privé de connexion.
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