Le Japon a annoncé avoir trouvé des sédiments de terres rares à 6 000 mètres de profondeur, lors d’une mission scientifique. Derrière, une ambition : réduire la dépendance de l’archipel vis-à-vis de Pékin, avec qui les rapports diplomatiques sont tendus.
Seize millions de tonnes de terres rares, soit le troisième plus grand gisement au monde. Selon le quotidien nippon Nikkei, le sous-sol marin du Japon pourrait bientôt devenir le nouvel eldorado de ces matières stratégiques pour l’automobile, les énergies renouvelables et la défense.
Ce lundi, les nouvelles sont excellentes. Les autorités japonaises ont officiellement annoncé l’extraction de sédiments à 6 000 mètres de profondeur lors d’une mission d’essai. Le navire de recherche Chikyu a prélevé ce précieux échantillon mi-janvier, au large de l’île isolée de Minami Torishima, dans le sud-est du Pacifique.
Selon Tokyo, il s’agit de la première tentative mondiale visant à exploiter des terres rares dans des eaux d’une telle profondeur. « Les détails seront analysés, notamment la quantité exacte de terres rares contenue » dans l’échantillon, a commenté Kei Sato, un porte-parole du gouvernement nippon.
Victoire politique pour la Première ministre japonaise
Pour Sanae Takaichi, Première ministre arrivée au pouvoir depuis peu, cette découverte est une victoire politique dans son bras-de-fer avec la Chine. «Ce serait un atout stratégique majeur pour le gouvernement Takaichi afin de réduire significativement la dépendance des approvisionnements vis-à-vis de la Chine», a souligné ce lundi auprès de l’AFP Takahiro Kamisuna, chercheur associé à l’International Institute for Strategic Studies (IISS).
Premier fournisseur mondial (92 % du marché), la Chine accentue sa pression sur Tokyo. Ce regain de tension fait suite aux propos de la dirigeante japonaise suggérant une possible réaction militaire en cas d’attaque contre Taïwan.
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