Budget 2026 : Barnier juge inévitable le recours au 49.3
latribune.fr
L'ancien Premier ministre s'inscrit ainsi dans la ligne du président des Républicains Bruno Retailleau, qui appelle l'exécutif à avoir " le courage " d'assumer un 49.3.
Invité du Grand Jury RTL – Public Sénat – Le Figaro – M6, Michel Barnier estime que Sébastien Lecornu ne pourra pas faire adopter le budget sans recourir à l’article 49.3. L’ancien Premier ministre dénonce la stratégie du PS et met en garde contre un affaiblissement politique de la France.
Selon Michel Barnier, le scénario est désormais écrit. « Sébastien Lecornu ne peut pas faire autrement que de déclencher un 49.3 », a-t-il affirmé dimanche, jugeant illusoire l’adoption du budget sans ce levier constitutionnel, pourtant écarté par le Premier ministre en début de mandat. « Je n’ai pas compris pourquoi il avait annoncé à l’avance qu’il ne l’utiliserait pas », a ajouté l’ancien chef du gouvernement, rappelant y avoir lui-même recouru à Matignon, avant d’être censuré.
L’ancien Premier ministre s’inscrit ainsi dans la ligne du président des Républicains Bruno Retailleau, qui appelle l’exécutif à avoir « le courage » d’assumer un 49.3. Si Sébastien Lecornu avait initialement renoncé à cette option pour satisfaire une exigence du Parti socialiste, l’hypothèse progresse désormais en coulisses.
Michel Barnier a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « vrai chantage » du Parti socialiste, accusé d’avoir « dominé les discussions » budgétaires. « Le gouvernement a beaucoup cédé déjà, et je souhaite que l’on s’arrête », a-t-il martelé, évoquant une « surenchère » dangereuse.
Alerte sur l'« affaiblissement de la France »
Au-delà du budget, l’ancien Premier ministre alerte sur un « affaiblissement de la France, de sa parole et de sa crédibilité », évoquant un « double décalage » entre les institutions et les citoyens, mais aussi entre la France et le reste du monde.
Dans ce contexte tendu, le gouvernement reste sous la menace d’une censure, notamment après la signature de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Sébastien Lecornu a agité la perspective d’une dissolution si les motions de La France insoumise et du Rassemblement national venaient à être adoptées.
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Une hypothèse rejetée par Michel Barnier : « Ce n’est pas juste », a-t-il lancé, jugeant inacceptable de « prendre en otage » les débats démocratiques à l’approche des élections municipales. Sur le fond, il estime enfin que « la Commission européenne doit revoir sa copie » concernant l’accord Mercosur.