L'Allemagne abaisse ses perspectives de croissance, un signal inquiétant pour la France

L'Allemagne revoit à la baisse sa prévision de croissance.
REUTERS - Lisi Niesner

L'Allemagne revoit à la baisse sa prévision de croissance.
REUTERS - Lisi Niesner
Mauvaise nouvelle pour Berlin. Le gouvernement de la première économie d'Europe a révisé à la baisse sa croissance. Il table désormais sur un produit intérieur brut (PIB) en progression de 1,0 % cette année, contre 1,3 % précédemment. Cela resterait toutefois nettement supérieur au 0,2 % enregistré en 2025, qui a fait suite à deux années consécutives de contraction. La croissance du PIB en 2027 est pour sa part désormais prévue à 1,3 %, contre 1,4 % précédemment.
« Les impulsions attendues [...] ne se sont pas concrétisées aussi rapidement et dans la mesure que nous l'avions prévu », malgré une « reprise significative », a expliqué la ministre de l'Économie, Katherina Reiche, lors d'une conférence de presse.
En 2026, les mesures fiscales mises en œuvre par le gouvernement devraient contribuer à hauteur d'environ deux tiers de point de pourcentage à la croissance du PIB, selon le rapport du ministère de l'Économie. Des économistes et des organisations patronales avertissent cependant que le seul paquet fiscal ne suffira pas à garantir une croissance durable et appellent à des réformes structurelles plus ambitieuses.
Alors que le Parlement allemand a approuvé en mars un fonds spécial de 500 milliards d'euros pour les infrastructures, seuls 24 milliards avaient été investis à la fin de l'année 2025, ce qui reflète la lenteur du processus décisionnel dans le système fédéral du pays.
Cette mauvaise nouvelle en Allemande pourrait avoir des conséquences outre-rhin. En effet, l’Allemagne est le moteur économique de la zone euro et commerce beaucoup avec la France, ce qui participe à stimuler son économie. Ainsi, l’Allemagne est à la fois le premier client et le premier fournisseur de la France : elle représente 13,2% des exportations françaises (contre 13,8% en 2023), devant les États-Unis et l’Italie (à 8,2% chacun en 2024) et 12,6% des importations françaises (comme en 2023), devant la Chine (à 10,3% en 2024).
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Le ralentissement allemand risque-t-il de toucher la France ? L'exécutif français prévoit un déficit de 5 % en 2026. Sauf que cette prévision est très dépendante de la hausse du PIB. Moins de croissance signifie moins de rentrées fiscales et donc un déficit plus important que prévu.
Pour le moment, selon la Banque de France, la croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait atteindre 0,9 % en 2025. « L’activité est restée soutenue dans l’industrie manufacturière. L'aéronautique et la défense ont poussé l’industrie vers le haut », avait indiqué Olivier Garnier, directeur des études à la Banque de France, lors d’un point presse début janvier.
(Avec agences)
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