L'Insee révise son estimation à la baisse de la croissance française : - 0,1 % au premier trimestre
latribune.fr
La consommation des ménages a baissé de 0,2 % au premier trimestre, sous l'effet d'un repli de la consommation en énergie due à la hausse des prix du carburant.
Alors que l'Insee avait précédemment estimé que le produit intérieur brut avait fait du surplace au premier trimestre, il est même passé en territoire négatif selon sa dernière estimation.
Le spectre de la récession revient. Ce vendredi, l'Insee a annoncé avoir révisé son estimation de croissance du premier trimestre : le produit intérieur brut (PIB) français a reculé de 0,1 % par rapport au dernier trimestre de 2025. C'est encore moins bien que sa dernière estimation qui prévoyait une croissance nulle.
C'est autant la demande intérieure que le commerce extérieur qui ont pesé sur la croissance au premier trimestre, selon l'Institut national de la statistique et des études économiques. Mais ce sont surtout les variations de stocks qui ont atténué la baisse du PIB.
Les conséquences de la guerre au Moyen-Orient
Le premier trimestre a notamment été marqué, à partir du 28 février, par le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Mais l'Insee ne publie pas de ventilation par mois de la croissance, ce qui ne permet pas à ce stade de déterminer l'influence de la guerre contre l'Iran dans le résultat trimestriel.
Reste que la consommation des ménages a baissé de 0,2 % au premier trimestre, dont une consommation de biens qui a diminué « nettement » (-0,7 %), sous l'effet d'un repli de la consommation en énergie due à la hausse des prix du carburant.
La consommation de services, elle, a augmenté de 0,2 % quand l'investissement s'est replié nettement aussi (-0,6 %), notamment celui en construction (-1,7 %).
Cette baisse vient « de plusieurs vents contraires conjoncturels et de l’adoption tardive du budget, qui a pu entraîner une forme d’attentisme chez certains acteurs économiques », a réagi le ministre de l'Économie Roland Lescure.
Un commerce extérieur nettement négatif
Au total, la demande intérieure (hors stocks) a contribué à hauteur de -0,2 point à la croissance du PIB ce trimestre. Les exportations ont reculé fortement (-3,5 %) sous l’effet de la baisse des exportations d'avions.
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Les importations ont aussi diminué (-0,9 %). Au total, la contribution du commerce extérieur à l’évolution du PIB est nettement négative (-0,9 point). Seule la contribution des variations de stocks à l’évolution du PIB est nettement positive ce trimestre (+1 point).
Parallèlement, ce qui n'est pas non plus une bonne nouvelle pour la consommation à venir, le taux d’épargne des ménages, déjà très élevé en France, a encore augmenté, passant de 17,7 % à 17,9 %. Enfin, le taux de marge des entreprises a baissé nettement au premier trimestre, s'établissant à 31,7 % de leur valeur ajoutée, après 32,5 % au trimestre précédent.