Pouvoir d’achat : le salaire réel des cadres et employés bondit de 0,9 % au 3e trimestre
latribune.fr
Il s'agit d'une inversion de tendance majeure où le niveau de rémunération de base – la " première ligne du bulletin de paie ", qui exclut primes et heures supplémentaires – assure un enrichissement réel.
L’indice du salaire mensuel de base (SMB) de l’ensemble des salariés a progressé de 0,3 % sur le seul troisième trimestre 2025 dans les entreprises de dix salariés ou plus. Cette dynamique de rattrapage offre aux ouvriers, employés et cadres un gain de pouvoir d’achat effectif allant de 0,8 % à 1,0 % sur un an, selon les nouvelles données provisoires de la Dares.
La progression des rémunérations dans le secteur privé écarte nettement l’ombre de l’inflation, assurant un rattrapage du pouvoir d’achat des ménages en fin d’année. Les résultats provisoires de la Dares, publiés en novembre 2025, confirment la décélération des prix : l’inflation (indice des prix à la consommation hors tabac) s’est établie à 1,1 % entre septembre 2024 et septembre 2025. Face à cette mesure des prix, l’indice du salaire mensuel de base (SMB) de l’ensemble des salariés a enregistré une croissance de 2,0 % sur la même période de douze mois, faisant suite à un taux de 2,1 % enregistré au deuxième trimestre 2025.
Sur un an, le salaire de base bat l’inflation de 0,9 point en euros constants pour l’ensemble des salariés concernés. La même progression de 0,9 % en pouvoir d’achat est observée sur l’indice du salaire horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE), dont l’augmentation nominale sur douze mois atteint également 2,0 % à fin septembre 2025. Il s’agit d’une inversion de tendance majeure où le niveau de rémunération de base – la « première ligne du bulletin de paie », qui exclut primes et heures supplémentaires – assure un enrichissement réel.
Le secteur industriel mène le gain de pouvoir d’achat réel
Le mouvement de revalorisation salariale n’est pas homogène sur l’ensemble du tissu économique. L’analyse par secteur d’activité souligne une hiérarchie claire en termes de gains réels sur l’année.
Sur les douze mois allant jusqu’à septembre 2025, c’est l’industrie qui se distingue par le niveau de progression le plus élevé. Le salaire mensuel de base y a augmenté de 2,1 % en valeur nominale. Cet effort se traduit par une hausse effective de 1,0 % en euros constants, plaçant le secteur en tête des gains de pouvoir d’achat.
Glissement annuel des salaires et des prix à la consommation. (Crédits : Dares)
Les secteurs de la construction et du tertiaire évoluent à un rythme très similaire, mais légèrement inférieur. Les deux affichent une augmentation nominale du MB de 1,9 % sur un an. Cette performance aboutit à une hausse réelle de 0,8 % pour chacun, soit deux dixièmes de point derrière l’Industrie. Ce ralentissement relatif dans ces secteurs se reflète également dans les variations trimestrielles du SMB pour le 3e trimestre 2025, où le Tertiaire et l’Industrie ont progressé de 0,3 %, tandis que la Construction n’a enregistré qu’une croissance de 0,2 %.
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Cadres et employés à égalité devant la hausse salariale
L’observation des salaires par catégorie socioprofessionnelle révèle une convergence inhabituelle des taux de croissance sur douze mois. Si les ouvriers et les employés enregistrent tous deux une progression de 2,0 % de leur salaire mensuel de base sur un an, les cadres se situent exactement au même niveau avec une croissance nominale de 2,0 % également. Seules les professions intermédiaires marquent un très léger retrait à 1,9 %.
En dépit de ces faibles variations nominales, le classement des gains de pouvoir d’achat est identique à la répartition par secteur. Les employés et les cadres bénéficient de la hausse réelle la plus forte, avec une augmentation de 0,9 % chacun de leur salaire de base en euros constants sur un an. Les ouvriers et les professions intermédiaires se trouvent juste en dessous, voyant leur pouvoir d’achat progresser de 0,8 % sur la même période.
En variation trimestrielle sur le seul troisième trimestre 2025, la croissance du SMB est de 0,3 % pour les employés, les professions intermédiaires et les cadres. Les ouvriers sont la seule catégorie à afficher un niveau de croissance trimestrielle plus faible, à 0,2 %.
Les données de la Dares mettent enfin en perspective ces évolutions avec l’indice qui sert de référence à la revalorisation du Smic. Cet indice (prix à la consommation hors tabac des ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie) affichait une augmentation de 0,5 % entre juin 2024 et juin 2025.