Ce mardi, l’Hexagone se finançait à un coût quasi similaire à celui la péninsule italienne sur le marché obligataire à dix ans. L’Italie a même, brièvement, trouvé des conditions d’emprunt plus favorables que la France. Un élément qui témoigne de la dégradation de la situation financière tricolore.
Dans un entretien accordé lundi 8 septembre à La Tribune, Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, prévenait : « La France est désormais extraordinairement déclassée dans la hiérarchie des pays européens et emprunte plus cher que la Belgique, le Portugal ou l'Espagne. »
Ce mardi, la France a même emprunté plus cher que l'Italie. Le rendement de l'emprunt français (OAT) à dix ans (3,48 %) a brièvement dépassé, dans la matinée, son équivalent italien (3,47 %). L'écart se renversant légèrement ensuite : il affichait, dans l'après-midi, 3,46 % pour la France contre 3,50 % pour l'Italie. Ce n'était pas arrivé depuis une quinzaine d'années et ce, alors que la péninsule italienne a longtemps été considérée, au sein de l'Union européenne, comme un mauvais élève en matière de finances publiques.
Mais ce n'est plus le cas... Alors que le déficit public de la France devrait s'élever à 5,4 % du PIB à la fin de l'année, celui de l'Italie serait « seulement » de 3,4 %, d'après les prévisions de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Mieux encore, le gouvernement de Giorgia Meloni anticipe un retour sous les 3 % dès 2026, tandis que la trajectoire des finances publiques de l'Hexagone est très incertaine depuis la chute, lundi, du gouvernement Bayrou.
Avant d'être reversé, l'exécutif visait un retour sous les 3 % en quatre ans, d'ici à 2029. Mais quelle sera la trajectoire ciblée par le prochain gouvernement ? D'autant que la stratégie souhaitée par le président de la République, Emmanuel Macron, consistant à obtenir un accord de non-censure avec le Parti socialiste sur le projet de loi de finances pourrait changer la donne. Dans son contre-budget dévoilé à Blois, le 30 août, le parti à la rose plaide pour un désendettement moins rapide et un retour aux 3 % à l'horizon 2032.
La période d'incertitude politique qui s'ouvre en France pourrait encore alourdir le coût du crédit pour l'Hexagone. Même si, pour le moment, Paris n'a pas de mal à se financer sur les marchés financiers. Jeudi 4 septembre, Bercy a ainsi réussi à lever 7,3 milliards d'euros à dix ans lors de son adjudication obligataire. Et ce, alors que la demande pour la dette française s'élevait à 15,8 milliards d'euros.
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