La métropole bordelaise a sélectionné trois lauréats pour métamorphoser ses entrées de ville et accueillir de nouveaux habitants. Plateformes d'activités, zones commerciales et quartiers fragmentés doivent devenir des espaces de vie, dans une approche de sobriété foncière.Les élections municipales sont dans trois mois ? Qu'à cela ne tienne, Bordeaux Métropole lance un dernier grand projet avant la trêve électorale. Et pas des moindre. L'intercommunalité, à la tête du cinquième plus gros budget des métropoles françaises, initie la transformation de grandes zones commerciales d'entrée de ville autour de la rocade.
A Bordeaux, comme dans les autres villes françaises, la problématique est la même : il faut mobiliser un foncier pour continuer à accueillir des habitants, tout en limitant l'étalement urbain et l'artificialisation des sols. Or, dans une politique qui vise à mettre fin à l'urbanisme dit monofonctionnel (habitations versus bureaux ou commerces), la Métropole veut désormais mixer les usages.
Les zones identifiées pour expérimenter cette démarche comprennent des grands ensembles commerciaux, faits essentiellement de bâtiments en tôles et de parkings, des pôles d'activités avec l'aéroport de Mérignac et un campus universitaire, ainsi que des grands ensembles de logements et des espaces verts. Les six portes métropolitaines identifiées, rassemblées par paires en trois lots, sont toutes situées en bord de rocade et regroupent 7 000 hectares de foncier.
Après avoir lancé une consultation internationale cet été, la présidente de Bordeaux Métropole, Christine Bost (PS), a annoncé le nom des trois groupements lauréats ce mardi lors du Simi, le Salon de l'investissement immobilier qui se déroule à Paris. « Un nouveau cycle d'aménagement débute. Je le souhaite ambitieux, plus sobre, décarboné et plus respectueux des territoires. Loin de nous reposer sur l'existant, nous souhaitons innover » tout en « reconstruisant la ville sur elle-même », esquisse la présidente arrivée en 2024. « On veut transformer ces zones en quartiers à vivre mêlant habitat, activités, durabilité et mobilités. C'est une façon de réparer le gaspillage foncier des années 70 et 80 », appuie-t-elle.