En suivant les traces des anciens élèves, les lycéens reproduisent les inégalités sociales : à résultats équivalents, les élèves modestes se tournent plus souvent vers des filières moins prestigieuses.À partir de ce mercredi 17 décembre, la plateforme Parcoursup lève le voile sur les 25 000 formations proposées pour la rentrée 2026. Cette année, la plateforme d'orientation des lycéens s’enrichit d’une nouvelle rubrique intitulée « Visualiser les chiffres d’accès à la formation », permettant de consulter le profil des candidats admis l’an passé — série du baccalauréat, niveau scolaire, parcours suivi au lycée. Une initiative destinée à offrir des repères concrets, à l’heure où des milliers d’élèves s’interrogent sur leur avenir.
Mais cette transparence accrue sur le profil des candidats admis l’an passé nourrit un peu plus un mécanisme de reproduction sociale, mis en lumière par une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP) parue ce mois-ci. Les lycéens ont tendance à s’inscrire dans les pas de leurs aînés, tandis que l’origine sociale demeure un facteur déterminant :
« À résultats scolaires comparables, les élèves issus de milieux modestes s’orientent plus fréquemment vers des filières moins sélectives que leurs camarades socialement favorisés. »
Reproduction des choix d’orientation : l’impact durable des anciens élèves
Les lycéens sont ainsi plus enclins à candidater à une formation lorsqu’un ancien élève de leur établissement y a été admis au cours des deux années précédentes. Les chercheurs de l’Institut des politiques publiques (IPP) le constatent dans les chiffres :
« L’admission d’un élève à une formation de l’enseignement supérieur accroît nettement la probabilité qu’un lycéen du même établissement y postule l’année suivante, celle-ci passant de 35 % à 40 %. » Ils ajoutent que les chances d’admission progressent également, de 7 % à 9 %. ».
Et cette influence des anciens élèves perdure longtemps après, en générant ce que les auteurs qualifient « d’effet boule de neige au sein de l’établissement d’origine ». Pour une formation donnée, les lycéens scolarisés dans un lycée où un ancien élève a été admis deux ans plus tôt conservent ainsi une probabilité sensiblement plus élevée d’y postuler — et d’y être admis à leur tour. Un mécanisme cumulatif qui, au fil des promotions, contribue à reproduire les mêmes trajectoires d’orientation.