A Hyères, à quelques kilomètres de la côte méditerranéenne, c’est un marché aux fleurs pas tout à fait comme les autres qui a lieu cinq jours par semaine. Premier lieu de mise en marché de fleurs coupées en France et quatrième européen, 350 producteurs adhérents locaux font confiance à la société d’intérêt collectif agricole (SICA) Marché aux Fleurs d’Hyères pour commercialiser quelque 66 millions de tiges aux grossistes, fleuristes, nationaux et internationaux. Là, ce sont plus de 150 espèces qui sont sur les cadrans, à la vente, toute l’année. Car l’horticulture fait historiquement vivre l’économie locale en représentant 38% des chiffres d’affaires des productions agricoles varoises et 4 000 emplois directs. Pourtant, « on se bat tous les jours pour maintenir la production locale », admet Marc Long, président de la SICA Marché Aux Fleurs d’Hyères. De fait, nombreuses sont les problématiques sur le marché de la fleur coupée.
Parmi elles, il y a inévitablement la concurrence étrangère accrue. « La plus grosse problématique est de faire face à cette concurrence dans un contexte de marché mondialisé non réglementé et non régulé », décrypte Laurent Ronco, directeur d’Astredhor Méditerranée, institut de recherche et de développement des professionnels du végétal. Les Pays-Bas, l’Amérique du Sud et l’Afrique sont parmi les plus gros concurrents pour la filière française, et « leurs tiges arrivent devant le consommateur de la même façon qu’une fleur française », poursuit-il, malgré qu’elles ne répondent en aucun cas au cadre réglementaire qui s’applique à la production française. « L’horticulture est en avance sur le Mercosur -alliance économique réunissant plusieurs pays d’Amérique du Sud, ndlr- et ce depuis 1995. Aucun droit de douane n’est appliqué », ironise Michel Gueirard, coprésident de la commission horticulture à la Chambre d'agriculture du Var. Concurrents à armes inégales, les producteurs français doivent composer avec des règles – encadrant notamment l’utilisation de produits phytosanitaires – qui divergent entre l’Union européenne et les pays étrangers, mais également au sein même du territoire européen. De sorte « qu’un produit sud-américain dit « bio » n’a rien à voir avec le produit français », regrette le membre de l’institution, qui souligne d’ailleurs que « le bio en horticulture existe peu… ou pas ».